Bubanza : des habitants et défenseurs de droits de l’homme dénoncent l’acquittement d’un policier accusé de meurtre


Ce lundi 12 août 2019, le tribunal de grande instance de Bubanza (ouest du pays) a rendu son verdict dans un procès de flagrance. Un policier affecté dans la commune de Gihanga dans la même province comparaissait dans une affaire de meurtre. Il a été acquitté. Des défenseurs de droits de l’homme et les proches de la victime crient au scandale.

Hier après-midi, un foule en provenance de la commune de Gihanga et du chef-lieu de la province de Bubanza des habitants étaient venus en masse pour suivre le procès de flagrance de l’APC1 Émile Niragira de la position policière de Gihanga. Il était accusé d’avoir assassiné un homme du nom de Jean Claude Nizigiyimana, la semaine dernière.

Les juges du tribunal de Bubanza ont créé la surprise en acquittant le policier, en disant qu’il n’a commis aucune infraction.

Les témoins présents ont toutefois pointé du doigt ce policier, l’accusant d’être le commanditaire du meurtre.

« Nous avons vu que les juges recevaient beaucoup d’appels. Nous pensons qu’ils recevaient des ordres des chefs du supposé coupable,  » précise un défenseur des droits de l’Homme présent. Il dénonce un manque d’équité chez les juges.
Des témoins pensent que les juges qui composaient le siège auraient été corrompus ou menacés par certains hauts gradés qui protégeraient le policier.

Les juges auraient même refusé d’entendre BPC2, Benjamin Ndoriyobija un brigadier de corps du commissariat de police de Gihanga, lui aussi pointé du doigt dans la même affaire.

Des sources proches du dossier indiquent que les juges ont tranché par peur d’être tués.

Un avocat de la famille de la victime dit que lui et ses clients vont interjeter appel et saisir d’autres juridictions.