Ngozi: de nouveaux opposants dans le collimateur de la justice


Au lendemain des élections générales du 20 mai 2020, les juges du Tribunal de Grande Instance de Ngozi (nord du Burundi) ont siégé hier pour auditionner des personnes interpellées pour des infractions électorales. Les prévenus sont tous des membres du parti Congrès National pour la Liberté.( SOS Médias Burundi)

Six militants du parti CNL ont comparu devant les juges du TGI Ngozi ce vendredi. Ils sont poursuivis pour usage de faux documents, d’après des sources au sein de leur parti. Les six ont été arrêtés en commune de Tangara le jour des élections.

Le ministère public les accuse d’avoir présenté des accréditations non valables. « Nous avons eu ces papiers de la part d’un des responsables du parti, qu’il soit recherché et réponde de l’acte. On ne savait que c’était des faux documents », ont-ils expliqué tout en plaidant non coupables.

Le représentant du ministère public a requis contre eux des peines variant de cinq ans à dix ans d’emprisonnement et des amendes pour les prévenus allant de 50. 000 à 800.000 Fbu. Le verdict pourra tomber à n’importe quel moment dans cette affaire de flagrance.

Deux autres militants du même parti ont été condamnés à des peines d’emprisonnement allant jusqu’à cinq ans, ce jeudi. Des militants du CNL disent avoir peur de voir des persécutions se poursuivre après les élections largement remportées par le parti au pouvoir, d’après des résultats provisoires mis en évidence par les démembrements de la Commission Nationale Électorale Indépendante (CENI).

Dans la même province de Ngozi,les élections ont eu lieu alors qu’une cinquantaine de militants du parti CNL dont des responsables communaux sont en prison pour des infractions commises avant les élections souvent lors des échauffourées qui ont opposé les militants dudit parti à ceux du parti au pouvoir.

Dix huit autres membres du même parti de la province de Bujumbura (ouest du Burundi) attendent leur verdict qui va tomber avant la fin de ce mois de mai. Ils ont été accusés d’association de malfaiteurs, d’enlèvement ainsi que des coups et blessures contre les membres du parti présidentiel.