Évariste Ndayishimiye demande aux pays étrangers de ne pas s’immiscer dans les affaires burundaises


Le nouveau président burundais a prêté serment ce jeudi dans la capitale politique Gitega (centre du Burundi). Proclamé vainqueur de l’élection de mai, il succède à Pierre Nkurunziza qui lui, est décédé subitement le 8 juin dernier (la cérémonie devait se tenir le 20 août prochain). Dans un long discours (1h40), Ndayishimiye a promis de continuer le chantier de son prédécesseur. (SOS Médias Burundi)

L’ennemi, l’étranger, le colon

Le président Évariste Ndayishimiye a pointé du doigt les pays étrangers à maintes reprises. Selon lui, « le Burundi a appris à marcher de lui même ».

Notre Grand Père (Nkurunziza) nous l’a enseigné depuis 2015. Le Burundi n’a aucunement besoin d’ordres venus de l’extérieur. Celui qui voudra venir au Burundi n’aura rien à nous imposer.

Évariste Ndayishimiye

Et de s’en prendre aux « colons » : « C’est eux qui ont introduit les divisions sociales. Petit à petit, le Burundi se sort de ce mauvais héritage. Malgré tout, il y en a encore qui roulent pour eux, d’autres derrière la bannière de la société civile, ou encore dans des coalitions comme l’ADC Ikibiri, le CNARED… ».

Le président a adressé une autre charge à l’Occident : « Que les pays étrangers nous laissent tranquille. Ceux qui pensent que les Burundais sont faciles à manipuler, gare à eux », a-t-il prévenu.

Promesses

Pour ce qui est de ses projets, Ndayishimiye s’est engagé à emboîter le pas de son prédécesseur : « Je vais poursuivre le chantier de notre Guide », a-t-il insisté.

Le président a annoncé que les retraités toucheront désormais une pension proche de leur salaire quand ils étaient en activité. Il a promis d’œuvrer jusqu’à ce que le Burundi soit « classé parmi les pays en voie de développement ».

E. Ndayishimiye a insisté sur la situation des réfugiés : « Nous voulons qu’il n’y ait plus de réfugiés burundais. Nous les appelons à regagner leur pays ». Il s’est également montré ouvert au dialogue tout en nuançant son propos. « Je ne veux plus qu’ils exigent de nous le dialogue. Le dialogue, on connaît. Cela fait partie de notre coutume », a-t-il fait savoir.

Prière surprise

Les évêques catholiques qui avaient dénoncé des irrégularités lors de la présidentielle du 20 mai dernier ont participé à la cérémonie d’investiture. Ils ont prié alors que Évariste Ndayishimiye était agenouillé au milieu d’eux : « Seigneur, aide le nouveau président à rapatrier les réfugiés, à rétablir les bonnes relations avec l’extérieur et à ramener les cerveaux qui ont fui le pays », a demandé Monseigneur Simon Ntamwana, archevêque de Gitega.

Présents/Absents

Les pays comme le Congo Brazzaville, l’Égypte, la Tanzanie, le Kenya et la Guinée Équatoriale se sont fait représenter. L’ancien président tanzanien Jakaya Kikwete, un ami du régime CNDD-FDD s’est aussi déplacé.

À noter de grands absents : l’épouse du président Nkurunziza ainsi que Aghaton Rwasa, le principal opposant burundais, battu par Ndayishimiye en mai dernier.