Tanzanie : fort engouement de rapatriement chez des réfugiés burundais


Le nombre de réfugiés burundais qui se font enregistrer pour retourner dans leur pays augmente du jour au jour. Une source au sein du HCR note une augmentation de plus de 20% sur les listes d’enregistrement depuis le mois de mai dernier. Les raisons sont variées. (SOS Médias Burundi)

D’après des réfugiés burundais qui se sont confiés à SOS Médias Burundi, les raisons qui les poussent à choisir le retour au pays natal sont multiples.

D’un côté, ils évoquent une longue période de vie de calvaire dans les camps.

“C’est trop long, pénible et honteux pour un être humain de vivre dans de telles conditions. Nous n’avons pas le droit de circuler, nous sommes obligés de rester dans les camps. Nous ne pouvons même pas faire de business ou exercer d’autres activités génératrices de revenus. Nous sommes dans une prison à ciel ouvert, en fait”, ont réagi certains d’entre eux vivant aux camps de Nduta et Mtendeli.

En plus, ils dénoncent des mesures draconiennes qui sont prises à leur encontre.

“Pire encore, on vient de fermer les kiosques de transfert d’argent installés à Nduta. Les hangars qui abritent des moulins sont détruits alors que nous en avons besoin beaucoup en cette période de récolte de maïs et de manioc. Et les autorités tanzaniennes ont ordonné le recensement de tous les Burundais qui travaillent dans les agences humanitaires, et sans doute que ces gens vont être renvoyés pour les contraindre à rentrer”, ont-ils indiqué.

Des réfugiés parlent également de « disparitions forcées, harcèlements et emprisonnements arbitraires » dont ils sont victimes.

De l’autre coté, il y en a qui veulent répondre à l’appel du gouvernement burundais qui les sensibilise au retour volontaire.

“Le nouveau gouvernement nous a tranquillisés que rien ne va nous arriver si nous rentrons. Et d’ailleurs nous connaissons des gens qui sont déjà rentrés et qui vivent sans problème sur leur colline d’origine. Nous avons pour témoin la communauté internationale si jamais nous sommes persécutés”, a dit une autre partie des Burundais.

Selon une source au sein du HCR, le nombre de réfugiés qui se font enregistrer pour rentrer a sensiblement augmenté jusqu’à plus de 20% à Nduta et à Mtendeli.

Le HCR en Tanzanie se dit prêt à aider ceux qui veulent rentrer.

“Le Burundi vient de conclure un processus électoral . Suite à cela, nous nous attendons à ce qu’il y ait plusieurs appels au retour de réfugiés de la part de hauts officiels des gouvernements burundais et tanzanien. Le HCR continue de soutenir les retours à condition qu’ils restent volontaires et dignes, conformément à l’accord tripartite Tanzanie-Burundi-HC.Depuis 2017, le HCR a déjà aidé plus de 85.000 réfugiés qui ont choisi de rentrer volontairement ”, a précisé Edward Ogolla, le chargé de la communication au HCR-Tanzanie.

La Tanzanie abrite encore plus 164.000 Burundais installés dans trois camps.

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Photo: des réfugiés burundais rentrant de la Tanzanie.