Makamba : des enseignants contre une collecte forcée d’argent par les directeurs d’écoles
Ces enseignants de la Direction provinciale de l’éducation de Makamba (sud du Burundi) protestent contre la collecte d’une somme allant de 4 000 à 14 000 francs burundais dans les directions communales de Makamba et Kayogoro. Pour eux, il s’agit ni plus ni moins d’une rançon.De leur côté, les directeurs justifient cette collecte par le fait qu’ils doivent engager des frais supplémentaires pour assurer la politique de l’évaluation des enseignants. (SOS Médias Burundi)
Les enseignants contactés disent que leurs directeurs exigent une somme allant de 4000 à 14 000 pour l’achat des papiers, l’impression et les photocopies, dans le cadre d’une nouvelle politique de cotisations des employés du gouvernement.
Ces enseignants, surtout ceux de la direction communale de Kayogoro, disent être intimidés par les directeurs chaque fois qu’ils demandent la raison qui les poussent à collecter cet argent, alors que c’est au gouvernement de financer ce type de projet.
Certains directeurs accuseraient d’insubordination ceux qui osent poser des questions à ce sujet.
Les enseignants demandent au gouvernement de « suivre de près cette collecte surtout que les directeurs eux-mêmes ne demandent pas la même somme par enseignant ».
Les directeurs d’écoles contactés expliquent quant à eux qu’ils sont obligés de demander cet argent car le gouvernement n’a pas prévu ces dépenses dans les frais de fonctionnement.
Selon eux, « ce n’est pas moins de 20 papiers par enseignant pour compléter des fiches d’évaluation des compétences dans le cadre de la nouvelle politique qui concerne les agents et fonctionnaires de l’Etat ».
Ces responsables d’écoles expliquent qu’ils donnent au moins 5 copies d’au moins 4 papiers pour chaque enseignant dont une pour l’enseignant, une pour la direction, une pour la direction communale, une pour la direction provinciale et une autre du ministère en de l’Education nationale.
Ce qui est considéré par ces directeurs comme une charge de trop alors qu’ils ne pouvaient même pas couvrir les dépenses habituelles avant l’ajout de cette nouvelle politique d’évaluation des performances instaurée par le gouvernement burundais.
Que ce soient les directions communales ou provinciale, aucune n’a encore réagi.
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Photo d’archives : l’ancien gouverneur de Makamba Gad Niyukuri dans une rencontre avec des responsables scolaires et enseignants, mars 2020 © SOS Médias Burundi
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