Crise-carburant : parents et enfants ne savent plus où donner de la tête à l’approche de la rentrée scolaire
Au Burundi , surtout dans la ville commerciale Bujumbura où sont concentrées les agences des Nations-Unies et l’administration centrale, le critère principal pour trouver l’école où faire inscrire son enfant n’est plus la qualité de l’enseignement, mais la proximité. Les malentendus entre les enfants et les parents sont légion. (SOS Médias Burundi)
Une jeune élève de la 9è année , une classe qui se boucle par un examen dont dépend la poursuite des études, rapporte s’être emportée contre son parent lorsqu’elle a appris qu’elle devait changer d’école.
« Je ne connais que cette école depuis la maternelle », sanglote C.I. « c’est là où se trouvent tous mes camarades avec qui je joue, ce sont les mêmes professeurs depuis des années, surtout que j’entame l’année de fin de cycle qui se boucle par un examen national! Je ne veux pas changer d’établissement », dit l’élève, très en colère.
Claude.B est père de trois enfants. Il habite la zone de Ngagara dans le nord de Bujumbura . Il dit que « j’ai été obligé de changer l’école pour mes enfants et leur chercher une école proche de mon domicile ». Ses enfants fréquentaient une école privée de renom qui a pignon sur rue dans le centre-ville.
« Mais je ne suis pas satisfait par la qualité de la formation offerte par cet établissement comparativement à l’ancienne école que mes enfants fréquentaient », avoue-t-il.
Claude a pris la décision de changer d’école pour ses enfants suite à la Crise-carburant qui vient de durer bientôt 45 mois, la situation s’étant dégradée depuis le début de l’année. Il dit que ses enfants ont raté deux examens chacun, l’année passée. Leur école se trouvait loin de leur maison et ils ne pouvaient pas s’y rendre à pieds. Ce chef de ménage parle de « souffrance ».
« Même si on admire la qualité de la formation reçue à cette école, on est contraint de changer et de trouver un établissement proche de la maison où nos enfants pourront aller et rentrer à pied ».
Se battre pour sa progéniture, en vain
Certains parents, plutôt malins, se sont organisés et se sont rapprochés d’une agence de transport pour un abonnement, pensant régler pour longtemps la question du transport pour leurs petits.
« Mais comme on n’a aucun transporteur burundais disposant de ses propres puits pour pomper le carburant , ce fut peine perdue… », analyse une jeune maman vivant dans un quartier du nord de la capitale économique.

Et comme tout espoir de voir les stations-services disposer de larges stocks de carburant s’est amenuisé, les parents font le choix pratique de faire inscrire leurs enfants dans des écoles situées non loin de leurs domiciles.
Dans ces circonstances, parents et élèves comptent sur le pouvoir d’adaptation des scolarisés perturbés, et sur un hypothétique renversement de situation dans la disponibilité des hydrocarbures au Burundi, car toute nuit, si pénible soit-elle, verra toujours son aurore, estime une mère d’enfants, très résignée.
La petite nation de l’Afrique de l’est connaît une Crise-carburant depuis bientôt 45 mois, la situation s’étant dégradée depuis le début de l’année. Les incessantes promesses du président Ndayishimiye selon lesquelles « les stocks du Burundi sur le port de Dar-es-Salaam (Tanzanie) sont pleins de produits pétroliers prêts à ‘ être acheminés au Burundi à tout moment' », sont interprétées par une certaine opinion comme « des bobards d’un chef de l’État qui infantilise le peuple burundais pris en otage par des dirigeants insensibles ».
Des activistes qui militent pour la bonne gouvernance ont souvent écrit des lettres au président Neva, lui proposant de convoquer une table ronde sur la Crise-carburant et chercher l’aide des partenaires du Burundi, ce qu’il rechigne à faire.
Tout comme le président de l’Assemblée nationale Daniel Gélase Ndabirabe, Évariste Ndayishimiye est convaincu que la Crise-carburant est le résultat des actions des « saboteurs au sein du système CNDD-FDD au pouvoir depuis 2005 » et du Rwanda voisin qui veulent « inciter les Burundais à se révolter ».
La rentrée scolaire est prévue pour le 16 septembre prochain, a annoncé la semaine dernière le ministre burundais en charge de l’éducation, le Dr François Havyarimana.
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Photo : des citadins dont des élèves attendent un bus sur le parking principal à Bujumbura, en vain. Certains commencent à marcher © SOS Médias Burundi
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