Photo de la semaine-Burundi : à Gitega, la pénurie d’eau potable plonge les internats dans une crise sanitaire et scolaire
Le manque d’eau potable dans les établissements scolaires à régime d’internat à Gitega, au centre du Burundi, qui abrite également la capitale politique du pays, perturbe les études et compromet les conditions d’hygiène des élèves. Au Lycée Technique Christ-Roi de Mushasha et au Lycée Gitega, plus de 1 800 élèves sont confrontés à des difficultés d’approvisionnement en eau. Les élèves et les responsables des deux établissements redoutent une recrudescence des maladies liées au manque d’hygiène et appellent les autorités à trouver une solution durable.
« On ne trouve plus le temps de réviser la matière apprise en classe. Par exemple, l’étude de 15 heures a été supprimée parce qu’on doit aller puiser de l’eau dans les sources aménagées situées aux alentours de la ville de Gitega », déplore Générose Kanyamuneza, âgée de 18 ans, élève en troisième année, section Banque et Assurance, au Lycée Technique Christ-Roi de Mushasha.
Elle explique que l’eau collectée sert notamment à préparer le repas du soir, au détriment du temps consacré aux études.
« Cela a des conséquences sur nos résultats scolaires, au point que nous échouons lamentablement aux interrogations », ajoute-t-elle.
Nous l’avons rencontrée alors qu’elle puisait de l’eau à une source aménagée pour répondre aux besoins de son établissement.
Les difficultés ne se limitent pas aux études. Le manque d’eau complique également le nettoyage des salles de classe, du réfectoire et des dortoirs, tout en compromettant l’hygiène corporelle et vestimentaire des élèves.
« Il est difficile de trouver de l’eau pour effectuer les travaux de propreté dans les salles de classe, le réfectoire et les dortoirs. Pire encore, nous rencontrons des problèmes d’hygiène corporelle et vestimentaire », témoigne Joëlla Iradukunda, âgée de 16 ans, élève en deuxième année, section Informatique de gestion, dans le même établissement.
Elle déplore également les retards dans la préparation et la distribution des repas.
« Celui de midi est servi entre 15 heures et 16 heures, tandis que le repas du soir peut être servi à 23 heures », précise-t-elle.
Nous l’avons rencontrée alors qu’elle lavait ses vêtements dans un ruisseau, faute d’eau disponible en quantité suffisante au sein de son école.
Plus de 1 800 élèves concernés dans deux établissements
Le directeur du Lycée Technique Christ-Roi de Mushasha, l’abbé Remegie Barutwanayo, indique que son établissement peut passer plus de deux semaines sans recevoir la moindre goutte d’eau potable dans les robinets. Cette situation touche plus de 1 000 élèves qui vivent en internat.
À ces difficultés s’ajoute l’absence de véhicule permettant à l’établissement de transporter de l’eau potable lorsque les robinets sont à sec.
La situation est similaire au Lycée Gitega, qui accueille plus de 800 élèves en internat, selon son directeur, le révérend frère Deous Bigirimana. Cet établissement est lui aussi confronté à des difficultés d’approvisionnement en eau.
La crainte des maladies liées au manque d’hygiène
Face à cette pénurie persistante, les responsables des deux établissements s’inquiètent des risques sanitaires auxquels les élèves sont exposés.
L’abbé Remegie Barutwanayo et le révérend frère Deous Bigirimana redoutent notamment l’apparition de maladies liées au manque d’hygiène, en particulier celles favorisées par une mauvaise hygiène des mains.
Ils appellent les autorités concernées à trouver des solutions durables pour garantir un approvisionnement régulier en eau potable dans les établissements scolaires accueillant des élèves en internat.
La REGIDESO évoque les coupures d’électricité
De son côté, Lithious Nimbona, responsable du secteur de l’eau dans la région Centre à la Régie de production et de distribution d’eau et d’électricité (REGIDESO), affirme que les établissements accueillant de grands rassemblements, notamment les écoles à régime d’internat, bénéficient d’un approvisionnement prioritaire en eau.
Il explique toutefois que les coupures intempestives d’électricité perturbent le fonctionnement du système de distribution et sont à l’origine des interruptions observées.
Une pénurie qui dépasse la ville de Gitega
La situation de Gitega n’est pas un cas isolé. Les perturbations de l’approvisionnement en eau potable affectent également d’autres localités du Burundi, où les coupures et l’insuffisance de la distribution compliquent les activités quotidiennes des ménages et des institutions.
Dans les établissements à régime d’internat, où l’eau est indispensable à la préparation des repas, au nettoyage des locaux et à l’hygiène de centaines d’élèves, ces interruptions peuvent avoir des conséquences particulièrement importantes.
Les responsables scolaires appellent ainsi à des mesures durables pour assurer un accès régulier à l’eau potable, préserver la santé des élèves et permettre le déroulement normal des activités scolaires.
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Notre photo : plusieurs élèves lavent leurs uniformes et d’autres vêtements dans un cours d’eau, non loin de la ville de Gitega, au centre du Burundi, faute d’eau en quantité suffisante dans leurs établissements scolaires
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