RDC : le FRN défie Kinshasa et impose sa rentrée universitaire à Goma et Bukavu

RDC : le FRN défie Kinshasa et impose sa rentrée universitaire à Goma et Bukavu

SOS Médias Burundi

Goma, 15 octobre 2026 — Le Front pour la refondation de la nation (FRN), dirigé par Joseph Kabila, a lancé jeudi l’année académique 2026-2027 à l’Université de Goma, dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC). En présidant la cérémonie, Corneille Nangaa, vice-président du FRN, a réaffirmé la volonté du mouvement de poursuivre les activités d’enseignement dans les territoires sous son contrôle, malgré la suspension décidée par le gouvernement congolais dans plusieurs établissements publics du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.

La suspension des activités académiques a été décidée par un arrêté ministériel signé le 20 août 2026 par la ministre de l’Enseignement supérieur, universitaire, de la Recherche scientifique et de l’Innovation, Marie-Thérèse Sombo Ayanne Safi Mukuna. La mesure, rendue publique le 26 août, concerne onze établissements publics d’enseignement supérieur et universitaire, dont cinq à Goma et six à Bukavu. Elle suspend notamment les inscriptions, les enseignements, les évaluations et les délibérations pour l’année académique 2026-2027. Le gouvernement a justifié cette décision par la situation sécuritaire et la nécessité de garantir la sécurité des étudiants et du personnel ainsi que la régularité des diplômes délivrés.

Prenant la parole devant les étudiants et les responsables universitaires, Corneille Nangaa a critiqué cette décision de Kinshasa. Il a défendu la poursuite des activités académiques dans les deux provinces de l’est du pays, où le FRN a installé une administration parallèle.

Les territoires administrés par le mouvement s’étendent de la frontière avec l’Ouganda, au nord, jusqu’à des zones proches de la frontière avec le Burundi, au sud, en longeant également une partie de la frontière rwandaise.

Pour Corneille Nangaa, les jeunes ne doivent pas être sacrifiés en raison des tensions politiques et sécuritaires. Il a insisté sur la nécessité de maintenir les cours et de garantir la continuité de l’enseignement dans les zones contrôlées par le FRN.

Au cours de la cérémonie, le secrétaire général académique de l’Université de Goma, Kabuyanga Kabuseba Richard, a appelé les enseignants et les responsables des facultés à accompagner les étudiants et à préserver la qualité de l’enseignement. Il a insisté sur leur responsabilité dans l’encadrement des apprenants, alors que l’avenir des institutions universitaires de la région reste incertain.

Rémy Segihobe Bahati, un responsable du FRN présent à l’événement, a pour sa part souligné l’importance du respect du calendrier académique, de la régularité des cours, des règlements universitaires et de l’organisation des examens.

Du côté des étudiants, la décision de Kinshasa avait suscité des inquiétudes. Claude Iragi, étudiant à l’Université de Goma, a expliqué qu’ils avaient craint une interruption de leurs études après l’annonce de la suspension. Il espère désormais que les institutions concernées parviendront à résoudre cette situation afin de permettre aux étudiants de poursuivre leur formation.

Des professeurs et des responsables du Front pour la refondation de la nation (FRN) posent pour une photo de groupe lors de la cérémonie de lancement de l’année académique 2026-2027 à l’Université de Goma, le 15 octobre 2026, à Goma, dans l’est de la République démocratique du Congo. © SOS Médias Burundi

Une cérémonie similaire s’est également tenue à Bukavu, chef-lieu du Sud-Kivu, en présence de Bertrand Bisimwa, autre vice-président du FRN. Le lancement de l’année académique dans les deux villes traduit la volonté du mouvement de maintenir le fonctionnement des établissements universitaires, malgré les décisions prises par le gouvernement central.

La question de la reconnaissance des diplômes délivrés par les établissements qui poursuivent leurs activités dans ces zones demeure toutefois centrale. La suspension décidée par Kinshasa porte notamment sur les enseignements, les évaluations et les délibérations dans les onze établissements publics concernés. La poursuite des cours sous l’administration du FRN ne règle donc pas, à elle seule, les interrogations sur le statut administratif des institutions concernées et la validité nationale des diplômes qu’elles délivreront.

Le FRN a été annoncé le 12 octobre à Goma avec à sa tête Joseph Kabila, ancien président de la République démocratique du Congo (RDC), condamné à mort par contumace en septembre 2025, notamment pour trahison et crimes de guerre. Une condamnation que l’intéressé et ses proches qualifient de « fantaisiste ». Corneille Nangaa et Bertrand Bisimwa en sont les vice-présidents.

La nouvelle structure remplace l’Alliance Fleuve Congo (AFC) et le Mouvement du 23 mars (M23), jusque-là réunis au sein de la coalition AFC/M23. Cette réorganisation intervient alors que le FRN contrôle de vastes territoires du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, notamment les villes de Goma et de Bukavu, où la confrontation avec les autorités de Kinshasa continue d’avoir des répercussions sur les services publics et la vie quotidienne de la population.

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Photo : Corneille Nangaa, vice-président du Front pour la refondation de la nation (FRN), lors de la cérémonie de lancement officiel de l’année académique 2026-2027 à l’Université de Goma, le 15 octobre 2026, à Goma, dans l’est de la République démocratique du Congo. © SOS Médias Burundi

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