Rumonge : deux journalistes humiliés par des Imbonerakure
Ce samedi dans l’après-midi, les journalistes Gaspard Ndikumazambo et Timothée Ntaconayigize, de la radio communautaire Izere FM ont été malmenés par des Imbonerakure (jeunes affiliés au parti CNDD-FDD).Nos confrères ont été victimes d’avoir pris des photos d’une scène d’interpellation d’un présumé voleur de téléphone par des Imbonerakure. Les deux journalistes ont porté plainte. La police locale estime qu’il est inconcevable que des civils procèdent à l’arrestation des personnes. (SOS Médias Burundi)
Les deux journalistes rentraient de leur poste d’attache, vers 16 h de ce samedi. Gaspard Ndikumazambo et Timothée Ntaconayigize travaillent pour le compte de la radio Izere Fm basée au chef-lieu de la province de Rumonge (sud-ouest du Burundi).
« Arrivés à l’hopital de Rumonge (sur la route Rumonge-Buyengero), ils ont apperçu des jeunes Imbonerakure qui escortaient une personne arrêtée », indique un témoin de la scène d’interpellation de ce présumé voleur de téléphone.
Et d’ajouter: « les deux journalistes ont essayé de savoir ce qui se passer. Un d’entre eux a pris des photos ».
Les Imbonerakure qui escortaient le présumé voleur ont malmené ces deux journalistes. Nos confrères ont été obligés de supprimer les photos prises, en vain.
« Les Imbonerakure avaient ligoté l’homme, torse nu », témoignent des habitants de la ville de Rumonge.
Les deux journalistes ont poursuivi les Imbonerakure du quartier Gihwanya (même ville) jusqu’au commissariat provincial de la police.
Des convocations ont été émises contre ces jeunes, selon une source policière qui estime que « l’arrestation des gens n’est pas du ressort des civils ».
« Les gens doivent savoir qu’un journaliste a droit à l’information à tout moment », estime un des journalistes locaux.
Les journalistes ont été sauvés par la police qui est intervenue pour récupérer le présumé voleur.
Selon la police de Rumonge, les agresseurs ont été identifiés et convoqués pour ce lundi.
« Nous avons présenté nos cartes de presse délivrées par le CNC (Conseil national de la communication) mais la séquestration a continué », déplore un des journalistes concernés.
LIRE AUSSI :
Nos confrères ont quitté le commissariat de police à Rumonge vers 18 heures après avoir déposé une plainte contre les agresseurs.
________________________________________________
Photo : une rue dans la ville de Rumonge où les deux journalistes ont été malmenés © SOS Médias Burundi
You might also like
Est de la RDC : des rebelles Maï-Maï tuent des journalistes
Les journalistes congolais vivant dans l’Est du pays sont confrontés aux pires exactions de la part des groupes armés, et en particulier des miliciens Maï-Maï. L’affirmation ressort d’un communiqué de
Sud-Kivu : arrestation d’une journaliste burundaise à Mulongwe, soupçonnée de liens avec le groupe Red-Tabara
SOS Médias Burundi Mulongwe, 17 avril 2025 – La journaliste burundaise Gérardine Ingabire, réfugiée en République démocratique du Congo et employée de la radio communautaire Amani FM à Malindi, a
Burundi : des organisations nationales et internationales exigent la libération de la journaliste Floriane Irangabiye
Amnesty International, CPJ et la Ligue Iteka demandent à la justice burundaise et au gouvernement de libérer la journaliste Floriane Irangabiye. Ces organisations estiment « qu’elle a assez souffert et qu’elle
