Photo de la semaine : le HCR-Ouganda enquête sur les raisons de non rapatriement volontaire des réfugiés burundais

Photo de la semaine : le HCR-Ouganda enquête sur les raisons de non rapatriement volontaire des réfugiés burundais

Depuis bientôt deux semaines, le HCR mène des interviews auprès des réfugiés burundais pour savoir pourquoi ils ne veulent pas rentrer volontairement et massivement. Les concernés ne comprennent pas les raisons de cette enquête et craignent des conséquences néfastes. (SOS Médias Burundi)

Le recensement fait sous forme d’enquête individuelle concerne les réfugiés burundais qui ont fui en 2015 et 2016. Le HCR a expliqué qu’il s’agit d’activités de routine pour l’actualisation des données.

Un membre de la famille qui a 18 ans et plus doit répondre à cet entretien. Un questionnaire adapté est déjà disponible chez les agents enquêteurs du HCR et les réfugiés ne font que répondre aux questions préétablies. L’enquête se déroule dans la zone de Rubondo qui abrite plus de Burundais.

« Identification personnelle, année d’arrivée au camp, les conditions de vie,.. », tels sont les quelques éléments de la dite interview qui inquiète au camp de Nakivale.

Un détail important est souligné. «Envisages-tu regagner le pays ? Quand ? Oui ou Non ? Si la réponse est ‘Non’, les enquêteurs enchaînent : pourquoi ? », témoignent des réfugiés qui ont été soumis à cet exercice.

C’est cette dernière partie qui fait peur à certains.

« Pourquoi nous demander quand nous retournerons chez nous et les raisons alors que ça devrait être celui qui veut rentrer qui se présente pour des formalités administratives et logistiques ? Il doit y avoir un non-dit derrière ce recensement », font savoir des Burundais installés à Nakivale.

Des raisons évoquées pour le non-retour sont multiples. Pour certains, ils parlent de la situation inquiétante des droits de l’homme au Burundi, des tueries, des emprisonnements arbitraires et pour d’autres ils craignent des persécutions une fois rentrés ou encore ceux qui parlent de la pauvreté extrême.

Ils s’accordent tous pour recommander qu’il n’y ait pas de conséquences pour des réponses données ou encore un refoulement encore moins un rapatriement forcé à l’issu des résultats de cette enquête fortement décriée.

Le HCR tranquillise

En 2023, une enquête similaire avait été menée pour ceux qui ont fui en 2008 et 2010 et qui sont toujours en exil. Le HCR explique que la finalité est la production d’un rapport condensé qui n’a rien d’inquiétant sur la vie des réfugiés.

Au départ, l’enquête devrait cibler plus de 36.000 réfugiés burundais d’après nos sources, mais elle est réalisée alors que le camp de Nakivale en abrite plus de 33.000.

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Notre photo : plusieurs réfugiés burundais sur un centre de recensement des enquêteurs du HCR à Nakivale, décembre 2024 © SOS Médias Burundi

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