Burundi : permutations administratives et suppression des postes d’adjoints dans les camps de réfugiés

Burundi : permutations administratives et suppression des postes d’adjoints dans les camps de réfugiés

SOS Médias Burundi

Muyinga, 21 janvier 2026 – L’Office national de protection des réfugiés et des apatrides (ONPRA) a procédé, ce mardi, à une réorganisation administrative dans plusieurs camps de réfugiés à travers le Burundi. Cette réforme porte à la fois sur la permutation des administrateurs des camps et sur la suppression du poste d’administrateur adjoint, une mesure qui concerne aussi bien les camps de l’Est que ceux du Nord du pays.

Cette réorganisation touche notamment, à l’Est du pays, les camps de Nyankanda, Bwagiriza, Kavumu et Busuma, ainsi qu’au Nord, ceux de Kinama et de Musasa. Selon les informations recueillies par SOS Médias Burundi, ces changements ne se limitent pas à l’administration des camps. D’autres services relevant de l’ONPRA, notamment le Camp Management et la Protection, ont également été affectés, en fonction des nouvelles affectations décidées par l’institution.

Ce mardi, les administrateurs nouvellement désignés ont rejoint les camps où ils ont été affectés afin de prendre officiellement leurs fonctions.

Des contraintes budgétaires en toile de fond

La suppression du poste d’administrateur adjoint est principalement liée aux contraintes budgétaires auxquelles font face de nombreuses organisations humanitaires opérant au Burundi. Certaines d’entre elles ont été contraintes de réduire leurs effectifs jusqu’à 50 %, à l’image du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), fortement affecté par la baisse des financements internationaux.

Changements à Kinama : entre reconnaissance et inquiétudes

Au camp de Kinama, cette réorganisation s’est traduite par l’arrivée d’un nouvel administrateur, Gervais Miburo, qui remplace Claudine Nsengiyumva, mutée au camp voisin de Musasa, dans la province de Butanyerera.

Le départ de l’ancienne administratrice a suscité des réactions parmi les réfugiés, partagés entre reconnaissance pour le travail accompli et espoir d’une bonne collaboration avec le nouveau responsable.

« Nous sommes tristes de voir partir madame Claudine, car elle veillait beaucoup au maintien de l’ordre et nous aidait à résoudre nos problèmes administratifs », témoigne Aristide, réfugié au camp de Kinama. « Nous espérons que le nouvel administrateur continuera dans le même esprit, malgré les lourdes responsabilités qui l’attendent », ajoute-t-il.

D’autres réfugiés expriment toutefois leurs inquiétudes quant à la suppression du poste d’adjoint et à la capacité de la nouvelle administration à faire face aux défis quotidiens du camp.

« Le fait que l’administrateur travaille désormais seul nous inquiète un peu. Les tâches sont nombreuses, surtout en matière de sécurité et de gestion administrative. Mais nous attendons de lui qu’il fasse de son mieux pour maintenir la stabilité dans le camp », confie Fiston, réfugié au camp de Kinama.

Un équilibre fragile à préserver

Malgré ces préoccupations, les réfugiés interrogés espèrent que cette nouvelle organisation permettra d’assurer la continuité des services, le maintien de l’ordre et de la sécurité, ainsi qu’une gestion administrative efficace, en dépit des contraintes financières et du poids accru des responsabilités pesant désormais sur les administrateurs.

À ce jour, le Burundi accueille plus de 200 000 réfugiés. Plus de 90 % d’entre eux vivent dans des camps, tandis que le reste réside en milieu urbain, principalement à Bujumbura, la capitale économique, et dans la ville portuaire de Rumonge, dans le sud-ouest du pays.

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Photo : une grande foule de réfugiés congolais dans l’est du Burundi assiste à une réunion avec les autorités burundaises, les représentants du gouvernement congolais et des organisations humanitaires. Le gouvernement burundais a décidé la permutation des administrateurs et la suppression des postes d’adjoints dans les camps. ©SOS Médias Burundi

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