Bujumbura face au manque criant de latrines publiques : la population dénonce une amende jugée injuste

Bujumbura face au manque criant de latrines publiques : la population dénonce une amende jugée injuste

SOS Médias Burundi

Bujumbura, 12 novembre 2025 – Une nouvelle mesure gouvernementale suscite la colère des habitants de la capitale économique. Depuis la publication d’une ordonnance conjointe des ministres des Finances et de l’Intérieur, datée du 9 octobre 2025, toute personne surprise en train d’uriner ou de déféquer dans un lieu public sans installations prévues à cet effet s’expose à une amende de 5 000 francs burundais.

Une décision qui passe mal auprès d’une population qui dénonce l’absence quasi totale de toilettes publiques dans la ville.

« C’est étonnant de voir que l’État inflige une amende alors qu’il ne prévoit pas de solutions alternatives », déplore un commerçant du centre-ville.

Pour de nombreux citadins, la mesure est jugée injuste et prématurée. Ils estiment qu’avant d’imposer des sanctions, le gouvernement devrait construire des latrines accessibles au public.

« La construction de toilettes publiques devrait être une priorité pour pallier ce problème », plaide un habitué de la capitale.

La situation actuelle pousse plusieurs personnes à se soulager dans des lieux inappropriés, faute d’infrastructures suffisantes. Les rares toilettes mises en place par des particuliers sont payantes, avec un tarif pouvant atteindre 500 francs burundais par utilisation, un coût jugé excessif par les usagers.

Ce manque d’infrastructures sanitaires constitue un risque pour la santé publique et compromet les efforts de propreté urbaine menés par la mairie. Les habitants appellent donc les autorités à revoir la mesure et à investir d’abord dans la construction de latrines publiques avant d’imposer des sanctions.

En attendant, la population de Bujumbura continue de jongler entre la nécessité de respecter la loi et le manque criant d’espaces adaptés à leurs besoins naturels.

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Photo : des enfants de la rue jouent dans un coin de la capitale où ils se soulagent faute de latrines publiques. © SOS Médias Burundi

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