Carte de presse : un long silence du CNC inquiète les journalistes

Carte de presse : un long silence du CNC inquiète les journalistes

SOS Médias Burundi

Bujumbura, 12 novembre 2025 – Depuis plus d’une année, la délivrance des cartes de presse au Burundi semble tourner au ralenti. De nombreux journalistes, qu’ils soient nouveaux dans le métier ou en attente de renouvellement, affirment ne pas avoir reçu leurs cartes, malgré des dossiers complets déposés depuis des mois.

« Je viens de passer une année à attendre que ma carte soit livrée, mais en vain. Pourtant, mon dossier est au complet », témoigne un journaliste rencontré à Bujumbura, la capitale économique.

Cette situation crée un véritable casse-tête pour les professionnels des médias. La carte de presse, délivrée par le Conseil national de la communication (CNC), est souvent exigée pour accéder à certaines activités officielles ou conférences de presse.

« Vous constaterez que sur les invitations à couvrir certaines activités, il est exigé le port de la carte de presse délivrée par le CNC », déplore un autre journaliste.

Un mutisme qui interroge

Alors que les responsables des médias ne cessent de réclamer des explications, le CNC reste silencieux. Selon plusieurs témoignages recueillis, les réponses fournies aux demandeurs varient d’un interlocuteur à un autre.
La plus fréquente demeure :

« Il faut attendre, nous sommes en train de parler au fournisseur »,
souvent donnée sans précision sur les causes réelles du blocage.

Une affaire de contrat ?

Des sources proches du dossier évoquent des tensions entre le CNC et le fournisseur chargé de produire les cartes. Ce dernier n’aurait pas respecté les clauses du contrat le liant à l’institution, suite à certains désaccords. Ce conflit pourrait expliquer les retards accumulés.
Aucune communication officielle n’a toutefois été faite pour confirmer ou infirmer cette hypothèse.

Chaque journaliste doit s’acquitter d’un montant de 15 000 francs burundais pour obtenir cette carte professionnelle. Un coût qui, selon plusieurs acteurs du secteur, devrait s’accompagner d’une garantie de service efficace et transparent.

Un appel à la transparence

Face à cette situation prolongée, les journalistes expriment un sentiment d’impuissance et demandent au CNC de clarifier les raisons de cette non-délivrance. Le manque de communication alimente les spéculations et fragilise, selon eux, la crédibilité de l’institution.

Tant que le problème ne sera pas résolu, nombre de professionnels resteront dans l’incertitude, contraints de travailler sans l’un des documents essentiels à l’exercice de leur métier.

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Photo : une copie de la carte de presse délivrée par le Conseil national de la communication (CNC). Durant plus d’une année, plusieurs journalistes ont exercé sans renouvellement officiel de ce document. © SOS Médias Burundi

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