Kavumu : 19 familles de réfugiés congolais craignent d’être exclues du rapatriement volontaire vers la RDC
SOS Médias Burundi
Kavumu, 2 août 2026 – Dix-neuf familles de réfugiés congolais hébergées dans le camp de Kavumu, en province de Buhumuza, à l’est du Burundi, craignent d’être exclues du programme de rapatriement volontaire vers la République démocratique du Congo (RDC). Elles demandent aux autorités burundaises leur transfert vers le site de Musenyi, dans la commune de Musongati, province de Burunga, dans le sud-est du Burundi, afin d’être enregistrées parmi les réfugiés souhaitant regagner leur pays.
Dans une correspondance adressée au coordonnateur national de l’Office national pour la protection des réfugiés et des apatrides (ONPRA), ces familles sollicitent leur retour à Musenyi afin de participer au processus d’enregistrement des réfugiés candidats au rapatriement volontaire vers la RDC.
Ces familles expliquent avoir été transférées de Musenyi vers le camp de Kavumu afin de permettre à leurs enfants de poursuivre leur scolarité selon le programme éducatif congolais. Si cette décision répondait à une préoccupation liée à l’éducation des enfants, les parents estiment aujourd’hui que leur présence à Kavumu pourrait les empêcher de bénéficier du processus de retour volontaire en cours.
« Nous sommes reconnaissants envers le Burundi pour la protection qui nous a été accordée depuis notre arrivée. Nous avons accepté d’être transférés à Kavumu pour garantir l’éducation de nos enfants. Aujourd’hui, nous demandons simplement de retourner à Musenyi afin d’être enregistrés avec les autres familles qui souhaitent rentrer volontairement en RDC. Nous espérons que notre demande sera entendue et que nous pourrons retrouver nos proches dans le cadre de ce programme », témoigne l’un des réfugiés sous couvert d’anonymat.
Une campagne d’enregistrement lancée par le HCR et l’ONPRA
Leur appel intervient alors que le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), en collaboration avec l’ONPRA, a lancé une campagne d’enregistrement des réfugiés qui souhaitent être rapatriés prochainement vers la RDC.
Selon les informations disponibles, ce programme concerne principalement les réfugiés originaires d’Uvira, une ville située non loin de la frontière entre le Burundi et la République démocratique du Congo, dans la province du Sud-Kivu, à l’est du Congo, qui ont exprimé leur volonté de retourner volontairement dans leur pays.
Les 19 familles de Kavumu estiment que leur retour à Musenyi leur permettrait d’être enregistrées dans les mêmes conditions que les autres réfugiés concernés par ce programme.

Une partie du site de Musenyi abritant des réfugiés congolais, en avril 2025. Dix-neuf familles transférées vers le camp de Kavumu demandent à retourner à Musenyi afin d’être enregistrées dans le cadre du programme de rapatriement volontaire vers la République démocratique du Congo. © SOS Médias Burundi
Des milliers de réfugiés concernés par les conditions de vie dans les camps
Le camp de Kavumu et le site de Musenyi abritent respectivement environ 20 000 et 22 000 réfugiés congolais, principalement originaires de l’est de la République démocratique du Congo.
Ces derniers mois, plusieurs réfugiés ont exprimé leur volonté de rentrer volontairement dans leur pays, évoquant notamment les conditions de vie difficiles dans les camps, la diminution de l’assistance humanitaire et l’espoir de retrouver leurs communautés d’origine.
Dans le site de Busuma, situé également dans l’est du Burundi et qui accueille plus de 60 000 réfugiés congolais, des tensions ont éclaté entre les forces de l’ordre et certains réfugiés dans un contexte marqué par des incompréhensions et des retards liés au processus de retour volontaire. Ces affrontements ont fait des morts, des blessés et conduit à des arrestations, selon des sources locales.
Ces événements ont suscité des inquiétudes parmi certains réfugiés, qui demandent une meilleure communication et un accompagnement plus clair dans l’organisation des retours vers la RDC.
Musenyi, un site marqué par l’arrivée massive de réfugiés
Le site de Musenyi, aménagé en 2024, a connu une forte augmentation de sa population au cours des mois de janvier et février 2025, après l’arrivée massive de réfugiés congolais fuyant les affrontements dans l’est de la République démocratique du Congo.
Cet afflux est intervenu après la prise des villes de Goma et de Bukavu par le mouvement rebelle M23, qui avait repoussé les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) ainsi que leurs alliés, notamment les groupes Wazalendo et l’armée burundaise.
À ce jour, le site de Musenyi accueille près de 22 000 réfugiés. De nombreuses familles continuent d’y vivre dans des conditions précaires. Les abris construits dans l’urgence lors de l’arrivée massive des déplacés restent insuffisants face aux intempéries.
Les besoins en soins de santé, en eau potable, en alimentation et en assistance humanitaire demeurent importants. Plusieurs ménages dénoncent également une réduction de l’aide alimentaire et des difficultés croissantes pour subvenir à leurs besoins quotidiens.
Les 19 familles concernées demandent ainsi aux autorités burundaises de prendre en considération leur situation et de faciliter leur transfert vers Musenyi dans les meilleurs délais, afin qu’elles puissent participer au processus de rapatriement volontaire vers la RDC.
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Photo : Une cour intérieure du camp de réfugiés de Kavumu, à l’est du Burundi, où vivent environ 20 000 réfugiés congolais ayant fui les violences dans l’est de la République démocratique du Congo. © SOS Médias Burundi
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