Nakivale : les nouveaux réfugiés sous surveillance dans les villages
SOS Médias Burundi
Nakivale, 16 septembre 2026 — À Nakivale, dans le sud-ouest de l’Ouganda, une opération d’identification des réfugiés est en cours depuis la mi-août dans les différents villages du camp. L’initiative vise à renforcer la sécurité dans une zone confrontée ces derniers temps à plusieurs cas de vols, de meurtres et d’agressions sexuelles.
Dans les différents villages de Nakivale, les chefs de village sont chargés d’identifier les habitants vivant dans leur localité. Les réfugiés sont invités à se présenter auprès des responsables locaux avec les photos des membres de leur famille afin que leur présence soit enregistrée.
L’objectif affiché est de permettre aux autorités locales de mieux connaître les personnes vivant dans chaque village et de faciliter les interventions en matière de sécurité.
Une attention particulière est accordée aux nouveaux arrivants. Ces derniers mois, plusieurs réfugiés, notamment des Burundais arrivés de Tanzanie, ont rejoint Nakivale après la fermeture de deux camps accueillant des réfugiés burundais dans ce pays.
Les chefs de village ont reçu pour consigne d’accorder une attention particulière aux nouveaux visages et de les identifier dans leurs zones respectives.
Des réfugiés préoccupés par la prise de photos
Dans les bureaux des chefs de village, de longues files d’attente se forment chaque jour. Les réfugiés attendent leur tour pour être enregistrés et fournir les informations demandées.
Mais l’opération suscite également des inquiétudes parmi certains réfugiés, notamment concernant l’utilisation et la conservation des photos prises lors de l’identification. Ces images sont ensuite conservées dans des registres tenus par les responsables des villages.
Un réfugié burundais arrivé récemment de Tanzanie et installé dans le village de Kashojwa C affirme que plusieurs questions restent sans réponse.
« Nous avons plusieurs interrogations, surtout qu’il n’y a pas eu de réunions d’information. Nous craignons que certaines personnes ne soient pas identifiées et qu’un jour elles soient considérées comme des inconnues ou même comme des criminels », explique-t-il.
Des nouveaux arrivants toujours sans documents
Pour plusieurs réfugiés récemment arrivés de Tanzanie, la situation est d’autant plus préoccupante qu’ils n’ont pas encore obtenu leurs documents attestant officiellement leur statut de réfugié.
Certains disent également ne pas disposer d’une adresse fixe ni d’un logement approprié. Ils demandent au Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) et au gouvernement ougandais d’accélérer leur prise en charge et de leur fournir des logements ainsi que les autres formes d’assistance nécessaires.
La précarité alimentaire constitue également une source de frustration pour certains nouveaux arrivants.
« Certains d’entre nous passent de maison en maison pour quémander de la nourriture chez les voisins. Nous en avons marre de cette situation alors que nous avons été reçus comme des réfugiés », témoignent-ils.
Les chefs de village appellent à la participation
Face à l’affluence observée dans les bureaux locaux, les chefs de village appellent l’ensemble des réfugiés à se présenter afin de se faire identifier.
Pour les responsables locaux, l’opération doit permettre de mieux connaître la population présente dans chaque village et de contribuer à la lutte contre la criminalité.
L’enjeu est désormais d’identifier les habitants tout en répondant aux préoccupations des nouveaux arrivants, notamment concernant leur statut, leur logement, leur accès à l’assistance et la gestion des données recueillies.
Le recensement intervient alors que Nakivale accueille une importante population réfugiée. Le camp compte plus de 150 000 réfugiés, dont plus de 35 000 Burundais, selon les chiffres communiqués dans le cadre de cette opération.
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Photo : Des réfugiés se font enregistrer dans le cadre de l’opération d’identification en cours dans les villages du camp de Nakivale, dans le sud-ouest de l’Ouganda. © SOS Médias Burundi
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