Télécoms en crise au Burundi : l’ABUCO dénonce l’inaction des autorités face à la dégradation des services

Télécoms en crise au Burundi : l’ABUCO dénonce l’inaction des autorités face à la dégradation des services

SOS Médias Burundi

Bujumbura, 31 juillet 2026 — L’Association burundaise des consommateurs (ABUCO) tire la sonnette d’alarme sur la dégradation continue des services de télécommunications au Burundi. Dans une déclaration publiée mardi 28 juillet 2026, son président, Pierre Nduwayo, dénonce la mauvaise qualité des services proposés par les opérateurs de téléphonie mobile et regrette l’absence, selon lui, de réponses efficaces des autorités face à une situation qui affecte de plus en plus les activités économiques et sociales.

Selon Pierre Nduwayo, les abonnés des réseaux de téléphonie mobile se plaignent depuis plusieurs mois de difficultés persistantes liées à la connexion Internet et aux communications téléphoniques.

Le président de l’ABUCO affirme que les prix des forfaits Internet ont fortement augmenté, alors que la qualité des services ne s’est pas améliorée. Il indique que, dans certains cas, le coût des mégas aurait doublé, voire triplé depuis 2025.

Pour l’organisation de défense des consommateurs, les abonnés se retrouvent ainsi dans une situation où ils paient davantage pour des services jugés moins performants.

Des appels à l’amélioration restés sans résultats

Pierre Nduwayo rappelle qu’en janvier 2025, le ministère en charge des télécommunications avait demandé aux opérateurs de prendre des mesures pour améliorer la qualité et l’accessibilité des services.

Mais selon lui, ces recommandations n’auraient pas produit les effets attendus. Il estime même que les difficultés se seraient aggravées au fil du temps.

Le président de l’ABUCO affirme également que le chef de l’État et plusieurs membres du gouvernement ont, à plusieurs reprises, appelé les sociétés de télécommunications à trouver des solutions durables, sans que des changements significatifs ne soient observés.

Un point de vente de mégas, d’unités et d’autres services de transaction d’une compagnie de téléphonie mobile à Bujumbura, la capitale économique du Burundi. © SOS Médias Burundi

« Une situation digne des années 2000 »

Pour illustrer l’ampleur des problèmes rencontrés par les utilisateurs, Pierre Nduwayo compare la situation actuelle à celle des premières années du développement de la téléphonie mobile au Burundi.

«« Lorsque vous appelez quelqu’un, il arrive fréquemment que le répondeur automatique annonce que l’abonné est hors ligne, alors qu’il ne l’est pas réellement », déplore-t-il.»

Selon lui, ces dysfonctionnements touchent non seulement les particuliers, mais aussi les entreprises, les commerçants, les administrations et tous les acteurs dont les activités dépendent des services numériques.

L’ABUCO propose des états généraux de la communication

Face à cette situation, l’Association burundaise des consommateurs propose l’organisation d’états généraux de la communication.

Cette rencontre réunirait les autorités publiques, les opérateurs de télécommunications, les organismes de régulation, les organisations de défense des consommateurs ainsi que les autres acteurs concernés.

L’objectif serait d’identifier les causes profondes des difficultés du secteur, de proposer des solutions concrètes et de garantir aux consommateurs des services fiables à des tarifs jugés équitables.

Pour l’ABUCO, l’amélioration des télécommunications constitue un enjeu majeur pour accompagner la transformation numérique du Burundi, faciliter les échanges et soutenir le développement économique du Burundi.

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Photo : Un policier supervise les opérations de réenregistrement des cartes SIM dans une agence de l’une des principales compagnies de téléphonie mobile au Burundi. L’ABUCO dénonce la dégradation des services de télécommunications et l’augmentation des tarifs pour les consommateurs. © SOS Médias Burundi

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