Nairobi : les Burundais entre tensions et signes d’apaisement

Nairobi : les Burundais entre tensions et signes d’apaisement

SOS Médias Burundi

Nairobi, 14 septembre 2026 — La tension reste vive parmi les ressortissants burundais à Nairobi, où plusieurs d’entre eux ont été dispersés ce lundi au gaz lacrymogène devant leur ambassade alors qu’ils cherchaient des documents de voyage pour rentrer au Burundi. Dans le même temps, certains ont repris leurs activités, notamment dans la restauration et le commerce ambulant, signe d’un début d’apaisement après plusieurs jours d’inquiétude.

Depuis le 7 septembre, plusieurs ressortissants burundais se rendent à l’ambassade du Burundi à Nairobi pour obtenir des documents de voyage et envisager un retour au pays.

Des centaines de personnes se sont notamment présentées devant la représentation diplomatique avec leurs valises et autres effets personnels, dans un contexte marqué par les inquiétudes suscitées par les nouvelles mesures annoncées par les autorités kényanes.

« Certains Burundais vivant dans des quartiers où il y a des jeunes très zélés disent que des propriétaires ont fermé leurs maisons et refusé qu’ils y entrent », a indiqué à SOS Médias Burundi un Burundais installé à Nairobi depuis plusieurs années.

Ce lundi, la situation s’est tendue devant l’ambassade. Plusieurs Burundais ont été dispersés au gaz lacrymogène alors qu’ils attendaient des documents de voyage, selon des témoins.

« Des jeunes ont refusé de quitter les lieux après avoir vu des agents de l’ambassade se présenter dans leurs locaux. La police a alors été obligée d’intervenir pour les disperser », a déclaré à SOS Médias Burundi un témoin.

Selon des témoins, l’ambassade avait annoncé qu’elle ne délivrerait pas de documents ce lundi, évoquant la fatigue de ses agents après plusieurs jours de forte affluence.

Aucun bilan officiel concernant d’éventuels blessés ou interpellés lors de cette intervention n’était disponible lundi après-midi.

Des activités reprennent

Malgré les tensions, des signes d’apaisement étaient déjà visibles dans plusieurs quartiers de Nairobi.

Dès la semaine dernière, certains Burundais avaient repris leurs activités, notamment des femmes qui tiennent de petits restaurants et d’autres qui vendent des brochettes burundaises, très prisées dans la capitale kényane, selon des témoins.

Lundi après-midi, un autre Burundais vivant dans la capitale kényane a confirmé à notre rédaction que de jeunes vendeurs ambulants burundais avaient recommencé à travailler dans les rues de Nairobi.

« J’ai vu de jeunes Burundais reprendre la vente ambulante de café, leurs thermos à la main. Les autorités ont donné des assurances claires sur les mesures prises pour protéger les Burundais et prévenir d’éventuelles agressions contre eux », a déclaré à SOS Médias Burundi un Rwandais vivant avec des Burundais à Nairobi.

À l’origine de l’inquiétude

La situation intervient après les déclarations du président kényan William Ruto concernant les activités commerciales exercées par des étrangers.

Début septembre, le chef de l’État avait annoncé des mesures visant notamment les étrangers exerçant dans le petit commerce et le commerce ambulant. Cette annonce avait provoqué une forte inquiétude parmi plusieurs communautés étrangères, particulièrement chez les Burundais, nombreux à exercer de petites activités commerciales à Nairobi.

Face à la confusion, le gouvernement kényan a ensuite accordé un délai de 90 jours aux étrangers concernés pour régulariser leur situation, notamment leurs permis de travail, documents d’immigration, licences et enregistrements commerciaux. Nairobi a également appelé à éviter toute menace ou forme de harcèlement contre les étrangers.

Des responsables kényans ont par ailleurs multiplié les messages destinés à rassurer les communautés étrangères. Un responsable du ministère des Affaires étrangères s’était notamment rendu auprès de Burundais rassemblés devant leur ambassade afin d’expliquer les mesures prises par le gouvernement.

Rentrer ou rester au Kenya ?

Pour plusieurs Burundais, le choix reste difficile : rentrer au pays ou rester au Kenya et tenter de régulariser leur situation.

La ruée vers l’ambassade depuis la semaine dernière témoigne de l’ampleur des inquiétudes. Certains sont venus chercher des documents leur permettant de rentrer au Burundi, tandis que d’autres espèrent pouvoir continuer à travailler au Kenya après avoir régularisé leurs activités.

La reprise des petits restaurants, de la vente de brochettes et du commerce ambulant constitue toutefois un signe d’accalmie. Mais les incidents de ce lundi devant l’ambassade montrent que l’inquiétude reste présente au sein d’une partie de la communauté burundaise à Nairobi.

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Photo : Vue partielle de l’ambassade du Burundi dans le quartier de Kilimani, à Nairobi, où plusieurs ressortissants burundais se sont rendus ces derniers jours pour obtenir des documents de voyage, le 8 septembre 2026. © SOS Médias Burundi

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