RDC : Chassé d’Uvira après des manifestations meurtrières, le général Gasita revient aux commandes

RDC : Chassé d’Uvira après des manifestations meurtrières, le général Gasita revient aux commandes

SOS Médias Burundi

Uvira, 26 août 2026 — Le général de brigade Olivier Gasita est de retour dans l’est de la République démocratique du Congo. Après avoir été rappelé à Kinshasa, la capitale de la RDC, à la suite de violentes contestations à Uvira en 2025, l’officier est arrivé à Lubumbashi, chef-lieu du Haut-Katanga, dans l’extrême sud-est de la RDC, le samedi 22 août. Il y est appelé à exercer les fonctions de chargé du renseignement au sein de la 2ᵉ zone de défense des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC).

Le général de brigade Olivier Gasita est arrivé à Lubumbashi avec son titulaire, le général-major Ngoie Kilubi Bob. Dans ses nouvelles fonctions, il sera notamment chargé des questions de renseignement militaire au sein de la 2ᵉ zone de défense, qui couvre plusieurs provinces.

Cette nouvelle affectation marque son retour dans l’est du pays, moins d’un an après les événements qui avaient conduit à son départ d’Uvira, dans le Sud-Kivu.

Des manifestations meurtrières à Uvira

Le général de brigade Olivier Gasita avait été affecté à Uvira au début du mois de septembre 2025 comme responsable des opérations et du renseignement militaire au sein de la 33ᵉ région militaire.

Sa présence avait rapidement suscité une forte opposition parmi certaines couches de la population et de la société civile.

Le 8 septembre 2025, des membres de la société civile, soutenus par des Wazalendo — des groupes armés locaux appuyés par les autorités congolaises — avaient organisé une manifestation pour réclamer son départ.

Après un rassemblement devant la mairie et la remise d’un mémorandum, une partie des manifestants s’était dirigée vers le quartier général des FARDC dans le secteur opérationnel Sokola 2. La situation avait alors dégénéré.

Des sources civiles avaient fait état d’au moins cinq morts et d’une vingtaine de blessés. Les FARDC avaient, de leur côté, reconnu la mort d’un enfant de 12 ans, touché par une balle perdue, et fait état de neuf blessés, dont quatre militaires et cinq civils.

L’armée avait accusé une partie des manifestants d’avoir tenté de forcer l’entrée de la base militaire.

Son origine au cœur de la contestation

Le général de brigade Gasita, d’origine banyamulenge, une communauté tutsie congolaise, avait été accusé par ses détracteurs d’être proche du Rwanda et d’entretenir des liens supposés avec le M23.

Certains manifestants l’accusaient également d’avoir joué un rôle dans la chute de Bukavu, alors passée sous le contrôle du mouvement rebelle.

Ces accusations n’avaient toutefois pas été étayées par des preuves.

Au cours des manifestations, certains protestataires avaient explicitement exprimé leur rejet d’un officier tutsi à la tête des opérations militaires dans cette zone frontalière.

La contestation s’était ainsi déroulée dans un contexte de fortes tensions communautaires, marqué notamment par des violences et des discours de haine visant la communauté banyamulenge.

Le général de brigade Olivier Gasita, actuellement chargé du renseignement au sein de la 2ᵉ zone de défense des FARDC, avait été nommé en septembre 2025 à Uvira comme responsable des opérations et du renseignement militaire au sein de la 33ᵉ région militaire. Sa présence avait été contestée par des membres de la société civile et des Wazalendo. © Actualité CD

Uvira, au cœur des enjeux régionaux

La crise autour du général Gasita intervenait alors qu’Uvira occupait une place stratégique grandissante dans la guerre qui secoue l’est de la RDC.

Située à quelques kilomètres de Bujumbura, capitale économique du Burundi, la ville était devenue un refuge pour plusieurs responsables congolais après la chute de Bukavu. Elle constitue également un important axe commercial et un point de passage stratégique pour l’approvisionnement en carburant du Burundi.

À cette période, Uvira était paralysée par une grève générale. Écoles, marchés, banques et transports avaient été affectés par les tensions.

La ville était également au cœur du dispositif régional de lutte contre le M23, alors que le Burundi avait déployé des militaires dans l’est de la RDC pour appuyer les FARDC et leurs alliés.

Rappelé à Kinshasa

Face à la montée des tensions à Uvira, le général de brigade Olivier Gasita avait finalement été rappelé à Kinshasa, la capitale de la RDC, en octobre 2025.

Quelques mois plus tard, en décembre 2025, Uvira était passée sous le contrôle du M23, selon les informations rapportées à cette période.

Le départ de l’officier n’avait cependant pas fait disparaître les controverses autour de son parcours et de son rôle dans le dispositif sécuritaire congolais.

Retour dans un poste stratégique

Près d’un an après son départ d’Uvira, Olivier Gasita retrouve donc l’est de la RDC, mais avec une nouvelle responsabilité.

Arrivé à Lubumbashi le samedi 22 août, il est désormais chargé du renseignement au sein de la 2ᵉ zone de défense des FARDC, aux côtés du général-major Ngoie Kilubi Bob. Cette zone couvre plusieurs provinces et constitue un important dispositif de coordination militaire.

Cette nouvelle fonction le replace au cœur de l’appareil sécuritaire congolais, dans un contexte où la frontière entre armée nationale, groupes armés alliés et politique sécuritaire demeure particulièrement floue.

À Uvira, sa nouvelle affectation suscite déjà des réactions. Certains habitants regrettent aujourd’hui les manifestations qui avaient conduit à son départ, estimant que son rejet avait été largement motivé par son appartenance communautaire plutôt que par une évaluation de ses compétences militaires.

Le retour du général de brigade Gasita relance ainsi le débat sur les considérations communautaires dans les nominations militaires, alors que l’est de la RDC reste marqué par la guerre, les tensions identitaires et les rivalités régionales.

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Photo : Un homme brandit une pancarte demandant au général Olivier Gasita de quitter Uvira. Le message, écrit en swahili, a été photographié lors de la manifestation du lundi 8 septembre 2025, au cours de laquelle plusieurs personnes ont été tuées ou blessées lors d’affrontements avec les FARDC, après que les manifestants ont réclamé le départ du général. Celui-ci avait récemment été nommé à Uvira comme responsable des opérations et du renseignement militaire au sein de la 33ᵉ région militaire. DR/SOS Médias Burundi

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