Musasa : parents démunis, enseignants en fuite… une rentrée scolaire sous haute inquiétude
SOS Médias Burundi
Musasa, 31 août 2026 — À quelques jours de la rentrée scolaire, prévue le 7 septembre prochain, l’inquiétude gagne les familles du camp de réfugiés de Musasa, dans la province de Butanyerera, au nord du Burundi. Plusieurs parents disent éprouver de grandes difficultés à se procurer les fournitures scolaires nécessaires pour leurs enfants, dans un contexte marqué par la réduction de l’aide humanitaire et la hausse du coût de la vie.
Les années précédentes, les élèves réfugiés bénéficiaient de kits scolaires fournis dans le cadre de l’assistance humanitaire, notamment par le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), à travers son partenaire dans le secteur de l’éducation, le Jesuit Refugee Service (JRS).
Mais cette aide n’a pas toujours été distribuée à temps. Au cours des deux dernières années scolaires, la distribution des kits a notamment connu des retards, sur fond de difficultés de financement.
À l’approche de la nouvelle rentrée, les parents craignent que la situation ne se répète. Beaucoup d’entre eux disposent de revenus très limités et peinent déjà à assurer les besoins alimentaires de leurs familles.
« Nous devons choisir entre nourrir nos enfants et acheter leurs fournitures »
Pour les familles nombreuses, la situation est particulièrement préoccupante. Oumar, un parent vivant dans le camp, doit envoyer ses six enfants à l’école et explique que l’achat des fournitures représente une charge difficile à supporter.
« J’ai six enfants qui doivent aller à l’école. Rien que pour leur acheter les cahiers, les stylos et les autres fournitures, il faut beaucoup d’argent. Mais ces derniers temps, notre première difficulté est déjà de trouver suffisamment de nourriture pour toute la famille », témoigne-t-il.
Selon lui, la réduction de certaines assistances humanitaires a davantage fragilisé les ménages.
« Quand la ration alimentaire devient difficile à obtenir et que les prix augmentent au marché, il devient très difficile de penser aux kits scolaires. Nous voulons que nos enfants étudient, mais nous avons besoin d’aide pour pouvoir leur donner les moyens d’aller à l’école », ajoute-t-il.
La hausse des prix sur les marchés locaux accentue ainsi la pression sur des familles déjà confrontées à des ressources limitées.
Des enseignants quittent le camp
Au-delà des fournitures scolaires, les parents évoquent une autre difficulté qui a marqué l’année scolaire 2025-2026 : le départ de plusieurs enseignants burundais travaillant dans le camp.
Selon des parents contactés par SOS Médias Burundi, plusieurs enseignants auraient abandonné leur poste en cours d’année, notamment en raison de l’insuffisance de leurs rémunérations. Ces départs auraient entraîné des périodes d’interruption des cours pour certains élèves.
Bernard, un autre parent, estime que cette situation constitue une source d’inquiétude à l’approche de la nouvelle année scolaire.
« Nous avons vu nos enfants rester sans cours pendant certaines périodes l’année passée parce que des enseignants avaient quitté leur travail. Nous avons peur que la même chose se reproduise cette année. Nos enfants ont déjà beaucoup de difficultés. S’ils ne peuvent pas suivre régulièrement les cours, leur avenir devient encore plus incertain », déplore-t-il.
Pour les familles, la priorité est donc double : permettre aux enfants de commencer l’année avec les fournitures nécessaires et garantir une présence régulière des enseignants tout au long de l’année scolaire.
Le financement de l’aide toujours incertain
Le HCR indique ne pas avoir encore trouvé le bailleur devant financer cette assistance destinée aux élèves réfugiés.
Cette incertitude intervient alors que l’aide humanitaire destinée aux réfugiés au Burundi connaît d’importantes difficultés de financement, affectant plusieurs secteurs essentiels.
Le camp de Musasa accueille plus de 9 000 réfugiés. Pour les familles qui y vivent, l’accès à l’éducation demeure l’une des principales préoccupations, au même titre que l’alimentation et les autres besoins essentiels.
À l’approche du 7 septembre, les parents espèrent désormais que des solutions seront trouvées afin d’éviter que leurs enfants ne commencent une nouvelle année scolaire sans fournitures suffisantes et, surtout, sans enseignants en nombre adéquat.
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Photo : Des réfugiés, dont des écoliers et des élèves, sur le petit marché du camp de Musasa, dans le nord du Burundi. À quelques jours de la rentrée scolaire, prévue le 7 septembre, les parents redoutent une rentrée sans kits scolaires ni enseignants. SOS Médias Burundi
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