Cichemere : des milliers de demandeurs d’asile assoiffés, jusqu’à 10 heures d’attente pour un bidon d’eau

Cichemere : des milliers de demandeurs d’asile assoiffés, jusqu’à 10 heures d’attente pour un bidon d’eau

SOS Médias Burundi

Cibitoke,1er septembre 2026 — Au centre de transit de Cichemere, dans la commune de Cibitoke, en province de Bujumbura, dans la région frontalière du nord-ouest du Burundi, l’accès à l’eau potable est devenu un calvaire quotidien pour des milliers de demandeurs d’asile congolais. Faute d’un approvisionnement suffisant, certains doivent désormais attendre jusqu’à dix heures pour remplir un simple bidon.

Depuis plusieurs semaines, les points de distribution du site ne parviennent plus à couvrir les besoins des occupants. L’eau arrive en faible quantité alors que la demande ne cesse d’augmenter.

« Aujourd’hui, pour trouver un bidon d’eau potable, il faut parfois passer près de dix heures à attendre. L’eau arrive en petite quantité alors que nous sommes très nombreux », témoigne un demandeur d’asile qui a requis l’anonymat.

Faute d’alternative, de nombreux occupants sortaient du centre pour aller chercher de l’eau aux robinets des habitants burundais vivant aux alentours. Mais ces derniers jours, la communauté hôte ne l’accepterait plus.

« Avant, on nous aidait, mais maintenant ils disent que leur eau ne suffit même pas pour eux », explique le même demandeur d’asile.

La peur d’une crise sanitaire

La pénurie ne concerne pas seulement l’eau destinée à la consommation et à la cuisine. Les conditions d’hygiène se dégradent également : se laver les mains, laver les vêtements ou nettoyer les latrines devient difficile, voire impossible.

Dans un site qui accueille des milliers de personnes dans des conditions de promiscuité, les demandeurs d’asile craignent une propagation de maladies liées au manque d’eau, notamment les diarrhées, le choléra et les infections cutanées.

« Nous avons déjà des enfants qui tombent malades. S’il n’y a pas d’eau, comment éviter les épidémies ? », s’inquiète un demandeur d’asile travaillant dans le secteur de la santé.

Un robinet encore fonctionnel pris d’assaut par des conducteurs de taxis-vélos et des femmes à la recherche d’une goutte d’eau potable à Cibitoke, dans la région frontalière du nord-ouest du Burundi, où les demandeurs d’asile du site de Cishemere peinent à accéder à l’eau potable. © SOS Médias Burundi

Un appel à l’aide

Face à cette situation, les occupants du centre de transit de Cichemere lancent un appel à l’Office national de protection des réfugiés et des apatrides (ONPRA), au Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) et aux autres partenaires humanitaires.

Ils demandent notamment un renforcement immédiat de l’approvisionnement en eau potable, l’installation de nouveaux points de distribution ainsi qu’une médiation avec la communauté hôte afin d’éviter une aggravation des tensions.

En attendant, les files continuent de s’allonger chaque matin à Cichemere. Et avec elles grandit la crainte que la pénurie d’eau ne se transforme en véritable crise sanitaire.

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Photo : Une cuisine dans le site de Cishemere, où sont préparés quotidiennement les repas destinés aux demandeurs d’asile congolais. Le site fait face à une pénurie d’eau potable qui contraint certains occupants à attendre jusqu’à dix heures pour remplir un bidon. © SOS Médias Burundi

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