Gitega : manque de matériel, d’enseignants et d’infrastructures, le calvaire des élèves handicapés

Gitega : manque de matériel, d’enseignants et d’infrastructures, le calvaire des élèves handicapés

SOS Médias Burundi

Gitega, 7 octobre 2026 — Au Lycée Notre Dame de la Sagesse de Gitega, ex-CND, plus de 150 élèves vivant avec différents types de handicap poursuivent leur scolarité dans des conditions difficiles. Manque de matériel adapté, accès difficile aux soins de santé, insuffisance d’enseignants spécialisés et infrastructures peu adaptées comptent parmi les principaux obstacles auxquels ils sont confrontés. Dans leurs témoignages, ces élèves racontent les difficultés qui ponctuent leur quotidien scolaire dans cet établissement de Gitega, capitale politique du Burundi.

« Je viens d’une famille très démunie. J’ai donc du mal à me procurer des béquilles et un tricycle, qui me sont indispensables pour me déplacer. C’est particulièrement difficile lorsque je dois aller au dortoir, en classe ou au réfectoire. Je dois aussi consulter régulièrement un médecin, mais l’accès aux soins de santé reste compliqué pour moi », témoigne Vincent Darcy Bikorimana, 17 ans, élève de 9e année vivant avec un handicap physique.

Pour d’autres élèves, les difficultés concernent surtout le matériel nécessaire pour suivre les cours dans de bonnes conditions. C’est le cas de Deolore Evangeline Batemere, 16 ans, élève de 9e année vivant avec l’albinisme.

« Je ne vois pas bien ce qui est écrit au tableau. Je suis obligée de prendre mes notes dans les cahiers de mes camarades, ce qui affecte mes résultats scolaires. J’ai également du mal à trouver les produits adaptés pour protéger ma peau, ainsi qu’un chapeau qui me permettrait de me déplacer lorsque le soleil est trop fort », explique-t-elle.

Des élèves dans la grande cour du Lycée Notre Dame de la Sagesse de Gitega, dans la capitale politique du Burundi. © SOS Médias Burundi

Les élèves aveugles sont eux aussi confrontés à d’importantes difficultés, notamment en raison du manque de matériel adapté et d’enseignants spécialisés.

« Nous manquons de matériel adapté pour prendre correctement nos notes en classe. Nous sommes nombreux parmi les élèves aveugles, alors que les enseignants spécialisés sont peu nombreux. À cause du manque d’enseignants maîtrisant le braille, les notes nous parviennent souvent tardivement, ce qui affecte notre apprentissage », déplore Belly Nishimwe, 20 ans, élève de première année en sciences sociales et humaines dans le même établissement.

Elle dénonce également la panne prolongée d’un appareil utilisé par les élèves aveugles pour leur travail scolaire.

« Cela fait bientôt trois ans que l’appareil utilisé pour assembler les notes ne fonctionne plus. Il nous est donc difficile de nous organiser et de disposer à temps des leçons étudiées en classe », regrette-t-elle.

Face à ces difficultés, la direction du Lycée Notre Dame de la Sagesse de Gitega, ex-CND, appelle à un renforcement des moyens humains et matériels pour permettre aux élèves vivant avec un handicap de poursuivre leur scolarité dans de meilleures conditions.

Le directeur de l’établissement, l’abbé Simon Nzigirabarya, indique que l’école a notamment besoin de deux enseignants spécialisés pour accompagner les élèves aveugles, ainsi que de deux enseignants chargés de l’interprétation en langue des signes pour les élèves sourds et malentendants.

Mais le manque de personnel n’est pas le seul problème, souligne-t-il. L’établissement fait également face à des difficultés liées à ses infrastructures.

« Nous manquons notamment de douches, de toilettes et de dortoirs adaptés aux élèves vivant avec un handicap », explique l’abbé Simon Nzigirabarya.

Le directeur appelle ainsi le ministère de tutelle à prendre des mesures pour répondre à ces besoins et améliorer les conditions d’apprentissage et de vie des élèves vivant avec un handicap au sein de cet établissement de Gitega, capitale politique du Burundi.

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Photo : Un élève pousse un camarade vivant avec un handicap dans la cour du Lycée Notre Dame de la Sagesse de Gitega, dans la capitale politique du Burundi. © SOS Médias Burundi

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