Musongati : un chef de colline et un moniteur agricole passés à tabac, quatre suspects arrêtés puis libérés

Musongati : un chef de colline et un moniteur agricole passés à tabac, quatre suspects arrêtés puis libérés

SOS Médias Burundi

Musongati, 11 octobre 2026 — Un chef de colline et un moniteur agricole ont été violemment agressés mercredi 7 octobre sur la colline Kibimba, dans la commune de Musongati, province de Burunga, au sud-est du Burundi. Les violences sont survenues sur fond de conflit entre agriculteurs et pêcheurs autour de la rivière Mukazye. Quatre personnes soupçonnées d’avoir participé à l’agression ont été arrêtées avant d’être relâchées quelques heures plus tard, selon des sources locales.

Jean Nyandwi, le moniteur agricole blessé lors de l’incident, souffre notamment d’une fracture à la jambe. Après avoir reçu les premiers soins à l’hôpital de Giharo, il a été transféré à l’hôpital de Kibuye, jugé plus adapté à son état, dans la province de Gitega, au centre du Burundi.

Des sources locales affirment par ailleurs que certaines personnes soupçonnées d’avoir participé aux violences ont quitté le Burundi pour la Tanzanie après leur libération. La région étant frontalière avec la Tanzanie, ces départs auraient été facilités par la proximité des deux pays.

Une rivière au cœur des tensions

Selon des témoignages recueillis localement, un différend oppose depuis un certain temps des agriculteurs à des personnes pratiquant la pêche dans cette partie de la rivière Mukazye.

La forte baisse du niveau de l’eau aurait conduit certains pêcheurs à construire des barrages de fortune à l’aide de branches et de morceaux de bois pour retenir l’eau et faciliter la capture des poissons.

Cette pratique inquiète les agriculteurs riverains, qui craignent que ces installations ne gênent l’écoulement de la rivière lorsque le niveau de l’eau remontera. Ils redoutent notamment des débordements ou une modification du cours de la rivière susceptible d’emporter leurs champs.

Le chef de colline agressé en intervenant

C’est dans ce contexte que le chef de la colline Mugombwa, située dans la zone de Gakungu, se serait rendu sur les lieux mercredi, vers 11 heures, pour demander aux personnes qui pêchaient dans la rivière de mettre fin à leur activité.

Selon des sources locales, la situation a rapidement dégénéré. Le responsable administratif aurait été pris à partie et violemment battu alors qu’il tentait de faire cesser la pêche.

Alerté par les événements, Jean Nyandwi, moniteur agricole de la colline Mugombwa, chargé notamment de la surveillance des cultures, s’est rendu sur place pour porter secours au chef de colline. Il a lui aussi été agressé.

Le moniteur agricole a reçu plusieurs coups, notamment à la jambe, qui lui ont provoqué une fracture. Le chef de colline a également été violemment malmené. Des habitants intervenus sur place auraient finalement réussi à disperser les personnes impliquées dans les violences.

Le blessé transféré dans des conditions difficiles

Après l’agression, Jean Nyandwi a été conduit à l’hôpital de Giharo pour recevoir les premiers soins. Son état a ensuite nécessité son transfert à l’hôpital de Kibuye, jugé plus adapté à son état, dans la province de Gitega, au centre du Burundi.

Toutefois, selon des personnes qui l’accompagnaient, son évacuation a été retardée par des difficultés liées au transport. Elles affirment que la prise en charge du carburant et de la rémunération du conducteur de l’ambulance était exigée. Faute de moyens suffisants, le blessé aurait finalement été transporté sur une moto ordinaire.

Quatre membres du CNDD-FDD arrêtés puis libérés

À la suite de l’agression, quatre personnes, membres du CNDD-FDD, le parti présidentiel, ont été arrêtées par la police avec l’aide de la population, selon des sources locales. Il s’agit de Kabura, Niko, Nizigiyimana et Emmanuel.

Les quatre suspects ont été conduits au poste de police de la colline Kibimba, dans la zone de Butezi. Mais ils ont été relâchés quelques heures plus tard.

Des témoignages locaux mettent en cause le chef de la colline Kibimba et le responsable local du CNDD-FDD, qu’ils accusent d’être intervenus en faveur de leur libération. Selon ces sources, les deux responsables auraient notamment fait valoir que d’autres personnes soupçonnées d’avoir participé aux violences avaient déjà pris la fuite.

Les circonstances exactes de cette remise en liberté restent à éclaircir.

Des soupçons visant des responsables locaux

L’agression intervient dans un climat de tensions persistantes autour de l’exploitation de la rivière. Des habitants soupçonnent certains responsables administratifs et politiques d’avoir contribué à entretenir le différend.

D’autres témoignages évoquent une possible implication de responsables locaux dans l’encouragement ou l’organisation des violences du 7 octobre. Ces accusations n’ont toutefois pas pu être vérifiées de manière indépendante.

Dans cette partie de la commune de Musongati, des habitants craignent désormais une nouvelle escalade entre agriculteurs et pêcheurs. Ils appellent les autorités à intervenir pour trouver une solution durable au conflit autour de la rivière Mukazye et faire la lumière sur les violences commises contre le chef de colline et le moniteur agricole.

Aucune réaction officielle de l’administration communale, de la police ou des personnes mises en cause n’avait été recueillie au moment de la rédaction de cet article.

La colline Mugombwa se trouve dans la zone de Gakungu, tandis que Kibimba relève de la zone de Butezi, dans la commune de Musongati, province de Burunga, au sud-est du Burundi.

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Photo : Le moniteur agricole Jean Nyandwi alité après avoir été violemment agressé alors qu’il tentait de porter secours au chef de colline, lui aussi passé à tabac, sur fond de conflit entre agriculteurs et pêcheurs autour de la rivière Mukazye, à Musongati, dans la province de Burunga, au sud-est du Burundi. Il souffre notamment d’une fracture à la jambe. © SOS Médias Burundi

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