Tanzanie: suspension du rapatriement volontaire des réfugiés burundais


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Le ministère de l’Intérieur de la Tanzanie a suspendu le processus de rapatriement volontaire des réfugiés burundais qui se sont fait inscrire. Ils devront attendre le rapatriement de masse annoncé au début du mois d’octobre. (SOS Médias Burundi)

La mesure a été annoncée à tous les réfugiés des trois camps de Nduta, de Nyarugusu et de Mtendeli. Le communiqué est par ailleurs affiché sur les tableaux d’affichage des camps.

«Les réfugiés qui se sont fait inscrire pour le rapatriement volontaire sont priés d’attendre. Ils vont partir avec les autres au début du mois d’octobre prochain. Ce sera d’ailleurs un grand rapatriement de plusieurs personnes, y compris ceux ne se seront pas fait inscrire, » ont annoncé des chefs de villages à Nduta.

Certains Burundais ont mal accueilli la mesure. Ils disent préférer mourir en Tanzanie plutôt que de rentrer au Burundi.

« Pourquoi ce rapatriement forcé concerne uniquement les réfugiés se trouvant en Tanzanie alors qu’au Rwanda, en Ouganda et en RDC, il y a aussi des réfugiés  burundais? Cela montre qu’il y a un agenda caché qui nous est réservé, » se lamentent ceux qui ne veulent pas rentrer.

Des étudiants, des membres de la société civile ou des intellectuels indiquent qu’ils sont prêts à se suicider au lieu d’être rapatriés de force.

«Si le HCR ne peut pas nous protéger, qu’il prépare un cimetière ici, » affirment-ils.

Des inquiétudes commencent à gagner ceux qui s’étaient inscrits au retour volontaire. Ils veulent rentrer et ne pas attendre le mois d’octobre.

«Que la Tanzanie nous laisse partir car nous sommes fatigués par les mauvaises conditions dans les camps,” laissent entendre certains d’entre eux.

Le mois dernier, le Burundi et la Tanzanie ont résolu de rapatrier de gré ou de force tous les 180 mille réfugiés burundais se trouvant sur le sol tanzanien.