Saisie des biens de la Maison Shalom à Ruyigi


L’administration provinciale et judiciaire de la province de Ruyigi (est du Burundi) a précédé à la saisie des bâtiments de la maison Shalom situés au chef-lieu de la province. La fondatrice de la Maison Shalom parle de crimes contre l’humanité. (SOS Médias Burundi)

Selon des témoins, les portes de la maison d’habitation de Marguerite Barankitse, fondatrice de la Maison Shalom, de l’hôpital, de la Microfinance et de l’orphelinat ont été défoncées. Tout ce qui était à l’intérieur a été embarqué jeudi et vendredi dernier.

L’opération a été supervisée par plusieurs administratifs dont le gouverneur de la province de Ruyigi, en compagnie du commissaire provincial de police, du procureur de la République à Ruyigi et du président du tribunal de Grande Instance de Ruyigi qui se sont rendus au quartier de Sanzu de la commune Ruyigi où se trouvent plusieurs de ces bâtiments et biens de la Maison Shalom.

La Maison Shalom indique que les portes de ces locaux ont été par la suite verrouillées à l’aide des cadenas apportés par ces autorités et les bâtiments sont depuis gardés par des éléments des forces de l’ordre.

Plus de 20 enfants orphelins ont été mis à la porte selon Marguerite Barankitse, fondatrice de la Maison Shalom.

Des biens des putschistes saisis

Le gouvernement burundais explique qu’il a saisi des biens appartenant à une personne qui a participé au coup d’Etat manqué de 2015. Madame Marguerite Barankitse, fondatrice de la Maison Shalom a été placée sous mandat d’arrêt international.

“Ces biens ont de près ou de loin servi à cette cause illégale” a précisé le procureur de la République à Ruyigi avant d’ajouter que la saisie s’inscrit dans le cadre des enquêtes en cours.

Crimes contre l’humanité

«Il s’agit d’un crime réprimé par la Cour Pénale Internationale. Ils ont mis dans la rue les orphelins qui vivaient dans une propriété privée et non dans le domaine de l’Etat », réagit la fondatrice de Maison Shalom.

«Si le Gouvernement m’accuse, Maison Shalom n’a rien à  voir car c’est une entité à part. Elle a un statut différent du mien. Ce n’est pas à la maison Shalom de répondre. Il faut arriver à séparer l’œuvre et sa fondatrice », conclut-elle.

Elle demande plutôt aux bénéficiaires des services que ces locaux offraient de porter plainte.

“Ces orphelins sont des enfants du pays, il y a des actionnaires de la microfinance, des populations qui se faisaient soigner dans l’hôpital ou des parents qui ont leurs enfants dans les écoles de la Maison Shalom. Que ces gens et les activistes de la société civile portent donc plaintes en premier lieu”, a-t-elle indiqué tout en ajoutant qu’elle ne va pas se décourager dans ses actions humanitaires.

Madame Barankitse vit pour le moment en exil depuis 2015. Sa fondation s’occupe désormais des réfugiés burundais au Rwanda.