Des habitants des quartiers « contestataires » de nouveau déçus par le CNDD-FDD
Dans les quartiers de Mutakura et Ngagara (nord de la ville de Bujumbura) et Musaga (sud) en passant par Nyakabiga et Jabe (centre) ont suivi avec intérêt comme tout le monde l’élection du nouveau candidat du parti au pouvoir à la présidentielle de mai 2020. SOS Médias Burundi est allé à leur rencontre. Ils disent être «déçus » par le CNDD-FDD qui perpétue «l’idéologie du maquis ». Le mouvement «Halte au Troisième Mandat » qui avait dénoncé un autre mandat de Pierre Nkurunziza en 2015, lui demande entre autres le retour de réfugiés, le rétablissement des corps de défense et de sécurité et la dépolitisation de l’appareil judiciaire. (SOS Médias Burundi)
À Mutakura, des habitants ont confié à SOS Médias Burundi qu’ils gardent encore des séquelles de la répression qui a suivi les manifestations contre un autre mandat de Pierre Nkurunziza.
Par ailleurs, ils disent avoir été déçus par le choix du CNDD-FDD pour la prochaine présidentielle. «Il n’y a pas d’alternance car un maquisard remplace un autre. On a été endeuillé par un ancien maquisard, les miens sont en exil, d’autres en prison. Depuis 15 ans, nous vivons une dictature militaire, et voilà que c’est le même profil qu’on vient de nous proposer. C’est toujours la loi de la jungle dictée par les militaires déguisés en civils », a indiqué Léonard, rencontré à Mutakura.
Dans la zone frontalière de Ngagara, des habitants craignent autre chose : un duel entre deux anciens rebelles. «Nous risquons d’assister à un duel entre Agathon Rwasa (leader du CNL) et Evariste Ndayishimiye. Tous les deux sont des anciens rebelles, ils gardent toujours des séquelles de la lutte armée, ce qui nous préoccupe. On aurait souhaité que les civils prennent la relève », a confié un ancien militaire de la zone.
Dans la zone de Musaga, le ton est le même. «Il n’y a pas d’alternance au sommet de l’État. J’ai perdu deux de mes enfants en 2015 suite à la décision d’un ancien rebelle qui n’a pas respecté la constitution.
Avec Ndayishimiye, le risque de vivre la même situation est imminent », a regretté une veuve rencontrée devant sa maison.
La nomination du candidat présidentiel du CNDD-FDD a également attiré l’attention du mouvement «Halte au Troisième Mandat » né en 2015 pour s’opposer à un autre mandat de Nkurunziza.
Dans un communiqué, le mouvement se félicite que le chef de l’État sortant ait accepté de quitter le pouvoir. Toutefois, il propose la résolution d’une série de questions dont «la persistance prolongera la crise actuelle ».
Entre autres propositions: le retour des réfugiés, le rétablissement des corps de défense et de sécurité, la libération de tous les prisonniers politiques, la restauration et la dépolitisation de l’appareil judiciaire, la réhabilitation des partis politiques et des organisations de la société civile ainsi que la poursuite et la condamnation des auteurs des crimes commis au Burundi.
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