Massacres de 1995 à l’Université du Burundi : plus de 100 étudiants tués déjà identifiés


Vingt-cinq ans après les massacres qui ont eu lieu dans les campus de l’Université du Burundi le 11 juin 1995, l’association des rescapés a organisé hier des activités en mémoire des victimes. (SOS Médias Burundi)

Le représentant légal de l’association Zirikana UB-95 a demandé à ses compagnons de ne jamais se venger.

Dans la messe de circonstance Monseigneur Jean Louis Nahimana a déploré le fait que le pays a toujours fait face à des cycles de violence depuis l’indépendance.

Pour Jean Louis Nahimana, il est pitoyable que le Burundi vive depuis l’indépendance des cycles de violence. Il a dénoncé ceux qui, selon lui, planifient des tueries sans nom. « Je demande aux rescapés d’honorer les mémoires des disparus plutôt que de garder la rancune. Ceux qui tuent les autres sont des ennemis du pays. Si tu aimes le Burundi, aimes aussi les Burundais. Celui qui divise les Burundais ne peut pas prétendre aimer son pays », a-t-il prêché.

Les massacres des étudiants Hutu ont eu lieu dans la nuit du 11 juin 1995 dans les campus universitaires de Mutanga, Kamenge et Kiriri en mairie de Bujumbura ainsi qu’au campus de Zege dans la province de Gitega.

Le recteur de l’Université du Burundi a souligné que les auteurs de ces crimes n’ont pas encore été identifiés, rappelant uniquement que « seul un des étudiants qui ont pris le devant dans ces massacres est sous les verrous ».

François Havyarimana a également annoncé qu’une commission constituée d’employés de l’Université du Burundi a été mise en place pour établir la lumière sur ces massacres.

Elle va appuyer la Commission Vérité et Réconciliation ( CVR) dans le travail de recherche de la vérité, a-t-il précisé.

De son côté, le représentant légal de l’association Zirikana UB-95 souhaite que la vérité soit révélée le plus tôt possible.

Joseph Nkurunziza a aussi souligné que pas mal d’étudiants ont été sauvés par des étudiants Tutsi. « La CVR doit s’activer dans la recherche de la vérité. Les auteurs doivent être traduits devant la justice. Néanmoins ce n’est pas tous les étudiants Tutsi qui ont trempé dans ces tueries. Sinon, on aurait tous péri », a-t-il témoigné.
La Commission Vérité et Réconciliation dit avoir initié des enquêtes. « Nous avons déjà identifié les noms de 109 étudiants tués, mais les enquêtes continuent. Sur 14 fosses communes déjà fouillées, on n’a pas encore trouvé une fosse commune où ces étudiants ont été jetés. Certains témoignages disent qu’ils auraient été jetés dans la rivière Rusizi ou dans la réserve naturelle de la Rukoko, mais nos recherches continuent», a déclaré Pierre Claver Ndayicariye, président de cette commission.