Burambi: des habitants retournent chez eux après quelques semaines d’insécurité, ils sont rançonnés


Plusieurs habitants de différentes localités en commune de Burambi (province de Rumonge, sud ouest du Burundi) ont fui leur ménage depuis fin août dernier suite à des combats entre les militaires, policiers et un groupe armé venu de la RDC (République Démocratique du Congo). Des chefs de familles disent être rançonnés par des policiers et autorités à la base quand ils rentrent chez eux. Accusés d’avoir été absents à des rondes nocturnes, il leur est exigé des sommes allant à 20.000 francs burundais. (SOS Médias Burundi)

Les localités concernées sont Donzi, Gisagazuba et Kiganza. Pour les concernés, il s’agit d’un « vol organisé ». Ils demandent aux responsables policiers et à l’administration hiérarchique de mettre fin à la pratique.

« On exige des sommes d’argent à des familles qui retournent chez elles.
La police et les élus locaux accusent les chefs de ménages d’avoir boycotté les rondes nocturnes », ont témoigné à SOS Médias Burundi des sources locales.

Des habitants de la sous colline de Mashoro, sur la colline de Gisagazuba donnent un exemple de leur voisin qui s’est vu obligé d’acheter 4 caisses de bière pour le chef d’une position de police locale.
Un autre habitant de la localité a été obligé de payer 20.000 francs burundais pour avoir été absent pendant plusieurs jours, et de s’être rendu à un marché local sans l’autorisation de la police .

Des sources locales affirment que les personnes qui ne s’acquittent pas des montants exigés finissant par être poursuivies pour de « faux délits ».

« Libérate Baransita a refusé de verser de l’argent à des policiers et autorités locales. Elle a été accusée d’avoir insulté l’épouse d’un Imbonerakure tué dans une attaque armée sur la colline de Gisagazuba. Elle a été interpellée et conduite au cachot du commissariat provincial de la police où elle détenue », dénoncent-elles.

Des habitants des zones concernées demandent aux responsables hiérarchiques administratifs et policiers de les protéger et s’impliquer pour mettre fin à la pratique.

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Photo: chef-lieu de la commune Burambi