Nyarugusu (Tanzanie): la police impose un couvre feu, des réfugiés y voient une énième façon de les persécuter


Depuis le week-end dernier, la police tanzanienne a imposé un couvre-feu dans le camp de réfugiés burundais de Nyarugusu. Tous les réfugiés sont obligés d’être à la maison à partir de 19h. La police n’a pas donné des explications sur les mobiles à l’origine de la mesure. Les intéressés dénoncent une énième façon de les persécuter. (SOS Médias Burundi)

Selon nos sources, plusieurs policiers sont mobilisés pour faire respecter la mesure.

“À partir de 19h, tous les stands, kiosques et petits commerces doivent fermer. Le moment choisi pour le couvre-feu est considéré comme l’heure de pointe à Nyarugusu car c’est à 19 h que beaucoup de gens de la communauté environnante rentrent du travail et doivent s’approvisionner en tubercules, huile de cuisine, fruits, légumes et lait », expliquent nos sources.

Des réfugiés contactés par SOS Médias Burundi qualifient la mesure d’injuste.
Ils regrettent que des gens sont malmenés s’ils n’arrivent pas à respecter l’horaire.

“La police inflige des passages à tabac à des réfugiés qui hésitent à fermer leurs kiosques. Ils sont trainés dans la boue ou sont même mis aux arrêts et peuvent passer une nuit aux cachots de la police. C’est vraiment inhumain. Le gouvernement tanzanien nous persécute depuis longtemps alors que nous avons le droit d’être réfugiés. Il veut nous contraindre à rentrer, mais nous avons refusé, nous ne voulons pas être tués au Burundi « , disent-ils en colère tout en craignant d’être accusés de fauteurs de troubles.

Demande de secours

Ces Burundais ont récemment écrit une correspondance à Phillipo Grandi, le haut commissaire du HCR.

“Nous nous adressons à vous pour vous demander de bien assurer notre sécurité. En effet, tous nos droits sont bafoués. Nous assistons à la fermeture des marchés, au rapatriement forcé, à de disparitions forcées, aux tueries, à la coupure des rations et des relations avec la communauté d’accueil, à la destruction de nos maisons et à d’autres formes de traitements inhumains. Nous sommes sous votre responsabilité et vous avez le devoir de nous protéger en collaboration avec le pays d’accueil”, ont-ils écrit en Août dernier.

La copie de la lettre est à chaque fois donnée à tout invité de marque ou délégation qui se rend dans ce camp de Nyarugusu depuis.

La semaine dernière, la délégation de la commission nationale de droits de l’homme en Tanzanie et d’autres délégués onusiens en ont reçu une copie lors de leur visite dans ce camp.

Les Burundais installés à Nyarugusu demandent à l’agence onusienne en charge des réfugiés d’agir en leur faveur et de jouer pleinement son rôle de garant du respect de leurs droits.

Nyarugusu abrite plus de 56.000 réfugiés burundais.