Burundi-UE : Gitega espère la levée des sanctions

Burundi-UE : Gitega espère la levée des sanctions

Ce vendredi se déroulait pour la deuxième fois le dialogue entre le gouvernement burundais et la délégation de l’Union Européenne. Dans une courte déclaration à la presse, le ministre burundais en charge des relations extérieures a annoncé que les relations entre l’UE et la nation de l’Afrique de l’est peuvent être rétablies avant la fin de cette année. (SOS Médias Burundi)

Le ministre Albert Shingiro et l’ambassadeur de l’Union Européenne ont parlé de discussions sans tabous sur des sujets différents : les droits humains, la bonne gouvernance, la coopération, la création d’emplois, la justice, le développement économique, les infrastructures…

M. Shingiro qui a décrit un climat de « confiance mutuelle et fraternel avec nos amis de l’UE », s’est félicité des résultats de la séance. « Nous pensons que dans un proche avenir comme vous pouvez le constater nous allons retourner à nos relations traditionnelles et lever toutes les zones d’ombre qui ont caractérisé nos relations durant la petite période de cinq ans », a-t-il annoncé.

Parlant d’une possible levée de sanctions avant la fin de cette année, le patron de la diplomatie burundaise a ajouté que « nous commençons à voir tous les deux le bout du tunnel, donc vous pouvez compter sur la volonté des deux parties. La volonté elle est là, elle est réelle, elle authentique, elle est sincère. La confiance entre le Burundi et l’UE est en train de se rétablir convenablement ».
Quant à l’ambassadeur de l’UE au Burundi, le dialogue s’inscrit dans « l’esprit de l’accord de Cotonou qui prévoit ce genre de dialogue avec les pays signataires et l’UE pour qu’ils puissent discuter ensemble la situation dans ce pays-là mais aussi ailleurs (…) », a indiqué Claude Bochu qui a affirmé que » c’est notre souhait de poursuivre ce dialogue avec le Burundi »

Ce souhait a été d’ailleurs matérialisé par une invitation aux autorités burundaises de de rendre dans les capitales européennes. « J’ai eu le plaisir avec mon collègue français de remettre à son excellence M. le ministre une lettre d’invitation d’accueil dans nos capitales. Donc il appartiendra au gouvernement de définir certaines modalités de concert avec les autorités françaises et peut être d’autres.C’est un réel plaisir et c’est aussi un geste qui s’inscrit parfaitement dans le cadre de ce réchauffement des relations entre le Burundi et l’UE parce-qu’il y a trop longtemps qu’un ministre du Burundi n’est plus allé ni à Bruxelles ni à Paris », a martelé M. Bochu.

Selon des sources dans la capitale européenne, le président burundais Évariste Ndayishimiye serait attendu en Belgique dans les prochains mois. Même si le ministre burundais en charge des relations extérieures n’a pas été spécifique là dessus, après avoir reçu la lettre d’invitation il a déclaré « (…) nous allons voir cette invitation et pouvoir y répondre favorablement ».

Les relations entre l’UE et la nation de l’Afrique de l’est se sont détériorées il y a cinq ans. En mars 2016, l’UE a officiellement suspendu son aide directe au gouvernement burundais. La mesure a été motivée par des violences qui ont suivi la réélection contestée de feu Pierre Nkurunziza après avoir brigué un autre mandat controversé.

Les 27 ont toutefois maintenu leur soutien financier à la population ainsi que leur aide humanitaire.
À ce jour, l’UE reste le premier partenaire extérieur du Burundi avec une aide globale allant jusqu’à 430 millions d’euros entre 2015 et 2020. Depuis l’accession anticipée du président Ndayishimiye au pouvoir suite à la mort inopinée de son prédécesseur Nkurunziza, les relations entre le Burundi et l’UE se réchauffent.

L’ambassadeur de l’UE a été reçu par le chef de l’État en compagnie de ses homologues européens. Il a aussi été reçu par plusieurs autres autorités dont le premier ministre et dernièrement c’est le secrétaire général du CNDD-FDD qui l’a accueilli à la permanence nationale.

Avant, les ambassadeurs de l’UE se lamentaient qu’ils pouvaient passer des mois à attendre un rendez-vous même chez un simple ministre et qu’à plusieurs reprises, des rendez-vous étaient annulés suite à « un coup de téléphone d’un général ». Le dialogue entre les autorités l’UE dans le pays a été de déclenché en février dernier.

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Photo : pose du Ministre en charge des relations extérieures, Albert Shingiro, l’ambassadeur de l’Union Européenne et ses États membres présents au Burundi, après la deuxieme réunion entre le Burundi et l’UE. Crédit-photo : Twitter de l’Ambassade de Belgique au Burundi.

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