Ndayishimiye et le CNDD-FDD imposent leur ordre et intimidation à Gitega
SOS Médias Burundi
Gitega, 30 août 2025 – Dans une capitale verrouillée et sous forte présence sécuritaire, le pouvoir burundais a célébré la 9ᵉ édition de l’Imbonerakure Day, couplée aux 20 ans de règne du CNDD-FDD, ce samedi. Entre démonstration de force et propagande, le parti au pouvoir a tenté de rassurer la population tout en intimidant ses détracteurs.
Lors de son discours au stade Ingoma, le président Évariste Ndayishimiye a lancé :
« Vous les opposants, sachez-le : on ne peut pas chasser une montagne, vous serez contraints d’adhérer au CNDD-FDD. Vous, les enfants, si vous pouvez étudier et terminer vos enseignements, ce n’était pas comme ça. Si vous pouvez vous soigner, boire du lait ou manger de l’omelette, ce n’était pas ainsi auparavant. Toutes les frontières sont bien gardées par les forces de l’ordre. »
Le secrétaire général du CNDD-FDD, Révérend Ndikuriyo, a rappelé :
« Les Bagumyabanga ont accepté de verser leur sang pour que le pays retrouve la paix et la sécurité. Maintenant, les Burundais peuvent cultiver, récolter, concevoir des grossesses et mettre au monde. »
Il a averti que toute perturbation serait sanctionnée, rappelant que le CNDD-FDD est « né du sang qui a été versé ».

Un défilé des Imbonerakure lors de la 9ᵉ édition de la journée qui leur est dédiée, au stade Ingoma de Gitega, le 30 août 2025
Soutien et coopération régionale
L’envoyé spécial de l’UDPS (Union pour la démocratie et le progrès social), parti présidentiel en RDC, a salué la coopération militaire entre la RDC et le Burundi :
« Face à l’agression menée par le régime rwandais via le M23, le soutien du Burundi en faveur de la paix dans les Grands Lacs et ailleurs en Afrique est une inspiration. La mutualisation des forces entre les FARDC (Forces armées de la République démocratique du Congo) et l’armée burundaise démontre solidarité et panafricanisme. »
Le CNDD-FDD a mis en avant son rôle dans le déploiement d’environ 10 000 soldats burundais aux côtés des FARDC et de milices alliées contre le M23, tandis que le Rwanda continue de rejeter les accusations congolaises.
Un représentant du CCM (Chama cha Mapinduzi), parti au pouvoir en Tanzanie, a ajouté :
« Nous connaissons les défis du Burundi. Ceux qui vous tendent des pièges sont des ennemis du CNDD-FDD, même chez nous en Tanzanie. »
CNDD-FDD : 20 ans de pouvoir et opposition neutralisée
Le CNDD-FDD, ancienne rébellion hutue née après l’assassinat de Melchior Ndadaye en 1993, est au pouvoir depuis 2005 grâce aux accords de paix d’Arusha (2000). Il domine désormais le parlement et le gouvernement, écartant toute opposition, y compris Agathon Rwasa, ancien chef rebelle hutu.
Avant la double cérémonie, plusieurs activités ont été organisées à travers le pays où les représentants du parti, dont son secrétaire général, ont tenu des discours d’intimidation et de menaces contre les opposants et supposés opposants, mettant en avant les Imbonerakure (membres de la ligue des jeunes du CNDD-FDD), piliers du contrôle et de la sécurité du parti.
Une crise économique sans précédent
Malgré l’image positive du parti, le pays traverse sa pire crise économique : inflation à 45 %, pénurie de carburant depuis 57 mois, et classement du Burundi comme pays le plus pauvre du monde par la Banque mondiale.
Les Imbonerakure, présentés comme piliers du développement, sont souvent cités dans des actes d’assassinat, d’intimidation et de harcèlement. L’ONU les qualifie de milice, tandis que le gouvernement reconnaît leur rôle dans la sécurisation des frontières et les rondes nocturnes avec la police.
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Photo : Le président Évariste Ndayishimiye et le secrétaire général du CNDD-FDD, en marge de la célébration de la 9ᵉ édition de l’Imbonerakure Day et des vingt ans de pouvoir du parti présidentiel, au stade Ingoma, le 30 août 2025 © SOS Médias Burundi
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