Ituri : 27 civils tués et 11 portés disparus dans de nouvelles attaques attribuées aux ADF
SOS Médias Burundi
Mambasa , 26 juillet 2026 — Au moins 27 civils ont été tués et 11 autres sont portés disparus à la suite d’une nouvelle série d’attaques attribuées aux Forces démocratiques alliées (ADF) dans le territoire de Mambasa, en province de l’Ituri, dans le nord-est de la République démocratique du Congo (RDC). Les assauts, qui ont visé plusieurs villages de la chefferie des Babila-Babombi, ont également provoqué des pillages, des déplacements de populations et ravivé la peur dans une région en proie à une insécurité chronique.
Les attaques ont été enregistrées entre le jeudi 23 et le vendredi 24 juillet dans les localités de Manzya, Kazaroho et Makongo. Elles sont survenues au lendemain d’autres incursions meurtrières signalées le mercredi 22 juillet à Njiapanda-Bela ainsi que dans les groupements de Mambembe, Manteite et Bangole, toujours dans la même chefferie.
Selon le bilan communiqué par l’Association pour la protection et la défense des enfants et des femmes vulnérables (APDEF), au moins 27 civils ont été tués au cours de ces différentes attaques. L’organisation indique également que 11 personnes sont toujours portées disparues.
Plusieurs habitations auraient été pillées et du bétail emporté par les assaillants, aggravant une situation humanitaire déjà préoccupante dans cette partie de l’Ituri.
Une insécurité persistante
Pour Ram’s Malikidogo, coordonnateur de l’APDEF à Mambasa, les violences ne montrent aucun signe d’accalmie.
Il affirme que des combattants présumés des ADF seraient encore présents dans plusieurs villages de la zone, notamment à Makombise, Giza et Mangalala, où ils circuleraient sans avoir été neutralisés par les forces engagées dans les opérations militaires.
Cette présence continue des assaillants entretient un climat de peur parmi les habitants. Dans plusieurs localités touchées, des familles ont fui leurs villages pour trouver refuge dans des centres jugés plus sûrs. D’autres n’osent plus retourner dans leurs champs, craignant de nouvelles attaques. Cette insécurité compromet les activités agricoles et accentue la précarité de milliers de ménages.

Des militaires ougandais en opération dans la zone de Nobili, à la frontière entre l’Ouganda et la RDC, dans le cadre des opérations conjointes contre les ADF. © SOS Médias Burundi
Face à cette recrudescence des violences, Ram’s Malikidogo appelle les autorités congolaises à revoir la stratégie des opérations militaires menées contre les groupes armés actifs dans la région. Selon lui, la répétition des attaques risque d’affaiblir davantage la confiance de la population envers les forces de sécurité si des mesures plus efficaces ne sont pas rapidement prises pour assurer la protection des civils.
Le territoire de Mambasa demeure l’un des principaux bastions des ADF en Ituri. Malgré les opérations conjointes conduites ces dernières années par les armées congolaise et ougandaise, le groupe armé continue de lancer des attaques meurtrières contre les populations civiles, particulièrement dans les zones forestières situées entre l’Ituri et le Nord-Kivu.
Les Forces démocratiques alliées (ADF), groupe armé actif dans l’est de la RDC, sont désignées comme organisation terroriste par le gouvernement américain.
Depuis le début du mois de juillet, plusieurs attaques attribuées aux ADF ont déjà été signalées dans cette partie de la province. Les organisations locales de la société civile dénoncent une multiplication des incursions contre les villages isolés, où les habitants restent particulièrement vulnérables face aux groupes armés.
À ce stade, les autorités militaires n’ont pas encore communiqué de bilan officiel concernant cette nouvelle vague de violences. Les chiffres avancés proviennent des organisations locales de défense des droits humains, qui poursuivent leurs opérations de vérification dans les villages affectés.
Depuis plus d’une décennie, les ADF sont accusées d’avoir commis de graves exactions contre les populations civiles dans l’est de la RDC. Le groupe est régulièrement mis en cause dans des massacres de civils, des enlèvements, des exécutions sommaires, des pillages, des incendies de villages, des recrutements forcés et des déplacements massifs de populations. Malgré les offensives militaires répétées, les ADF demeurent l’un des groupes armés les plus meurtriers de l’est de la République démocratique du Congo, où leurs attaques continuent d’alimenter une crise humanitaire et sécuritaire persistante.
_____________________________________________
Photo : Des civils blessés lors d’une attaque attribuée aux ADF reçoivent des soins dans une structure de santé. © SOS Médias Burundi
You might also like
Kirundo : l’insécurité s’aggrave au centre-ville, les habitants vivent dans la peur
SOS Médias Burundi Une nouvelle vague d’insécurité s’abat sur les quartiers centraux de la ville de Kirundo, dans le nord du Burundi. Dans la nuit du 28 au 29 mai,
Bijombo : les combattants de Twirwaneho ont tué trois militaires FARDC
Ces trois militaires ont été tués dans des combats entre l’armée congolaise et le groupe armé Twirwaneho composé de jeunes Banyamulenge, ce mardi matin. (SOS Médias Burundi) Selon des sources
Kaburantwa – RDC : des convois militaires burundais en route vers le Sud-Kivu, entre tensions régionales et silence officiel
SOS Médias Burundi Bujumbura, 2 septembre 2025 — De lourds convois militaires burundais traversent depuis trois jours la localité de Kaburantwa, en région de Cibitoke, province de Bujumbura, au nord-ouest
