Sud-Kivu : le front s’embrase, violents combats entre FARDC, militaires burundais et Wazalendo contre l’AFC/M23-Twirwaneho

Sud-Kivu : le front s’embrase, violents combats entre FARDC, militaires burundais et Wazalendo contre l’AFC/M23-Twirwaneho

SOS Médias Burundi

Uvira, 31 août 2026 — Des combats sont signalés depuis dimanche dans plusieurs zones des territoires de Fizi, Uvira et Mwenga, dans la province du Sud-Kivu, dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC). Les affrontements opposent les Forces armées de la RDC (FARDC), appuyées par la Force de défense nationale du Burundi (FDNB) et les milices Wazalendo entretenues par Kinshasa, aux combattants de l’AFC/M23 et de Twirwaneho.

Dans le territoire d’Uvira, des affrontements auraient notamment eu lieu à Malimba, Rubarati et Ruhuha. Des sources locales rapportent l’utilisation de drones et d’armes lourdes par les forces engagées aux côtés des FARDC.

Un combattant des milices Wazalendo entretenues par Kinshasa, présent dans la zone de Malimba, affirme que les FARDC, la FDNB et les milices Wazalendo entretenues par Kinshasa ont repris plusieurs positions précédemment occupées par des combattants de l’AFC/M23, de Twirwaneho et de Red Tabara à Malimba, Ruhuha et Rubarati.

« Les FARDC, la FNDB et les Wazalendo ont récupéré les positions du M23, de Twirwaneho et de Red Tabara qui étaient à Malimba, Ruhuha et Rubarati », affirme ce combattant.

Ces informations n’ont pas pu être vérifiées de manière indépendante.

Twirwaneho affirme avoir repoussé les forces pro-Kinshasa

De son côté, le porte-parole de Twirwaneho, Fidèle Rugabo, affirme que ses combattants ont repoussé plusieurs attaques menées par les FARDC, la FDNB, les milices Wazalendo entretenues par Kinshasa et les FDLR.

Dans un message publié sur le réseau social X, il cite notamment Kabanju, Kipupu, Nyamabuguma et Point Zéro, dans les territoires de Fizi et Mwenga.

Selon cette même source, les forces engagées aux côtés de Kinshasa auraient ensuite effectué un repli vers Mulima, Lulenge, Kiseke et Kitumba.

Ces affirmations n’ont pas pu être vérifiées de manière indépendante.

Minembwe au cœur des enjeux militaires

La région de Minembwe, dans les hauts plateaux du Sud-Kivu, reste au centre des enjeux militaires.

Selon plusieurs analyses de la situation sécuritaire, les FARDC, la FDNB et les milices Wazalendo entretenues par Kinshasa chercheraient à reprendre certaines positions autour de Minembwe afin de limiter une éventuelle progression de l’AFC/M23 vers la province du Tanganyika.

Les opérations viseraient également Bijombo, avec l’objectif de freiner une progression des combattants de l’AFC/M23 et de Twirwaneho vers Uvira et de contrôler l’axe reliant Rurambo, Bijombo et Minembwe.

Plus de 29 000 militaires burundais déployés en RDC

Ces combats mettent également en lumière l’implication militaire du Burundi dans le conflit congolais.

Selon un rapport interne du ministère congolais de l’Intérieur et de la Sécurité consulté par SOS Médias Burundi en décembre 2025, plus de 29 000 militaires burundais ont été déployés en RDC entre août 2022 et décembre 2025.

Ces militaires ont combattu aux côtés des FARDC et des milices Wazalendo entretenues par Kinshasa contre le M23 dans plusieurs zones de l’est de la RDC.

À la fin de 2025, environ 10 000 militaires burundais se trouvaient encore dans l’est congolais, selon le même document.

L’AFC/M23 et ses revendications

L’Alliance Fleuve Congo (AFC), coalition politique dont le M23 est la principale composante armée, est dirigée par Corneille Nangaa, ancien président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) de la RDC. Le mouvement affirme lutter contre les discriminations et les violences visant notamment les populations tutsi congolaises.

Il réclame un dialogue direct avec Kinshasa, des réformes politiques et sécuritaires ainsi que le règlement des « causes profondes » des conflits dans l’est de la RDC. L’AFC/M23 plaide également pour l’instauration d’un État fédéral en RDC.

Une guerre devenue régionale

Le conflit dans l’est de la RDC dépasse désormais largement les frontières congolaises.

L’AFC/M23, qui contrôle de vastes territoires du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, notamment Goma et Bukavu, est au cœur de cette confrontation. Kinshasa accuse le Rwanda de soutenir le mouvement, ce que Kigali dément régulièrement.

Le Rwanda accuse pour sa part la RDC et le Burundi de collaborer avec les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), un groupe armé à majorité hutu rwandaise actif dans l’est de la RDC, dont certains membres sont accusés d’avoir participé au génocide contre les Tutsi en 1994 au Rwanda. Kigali dénonce leur présence dans la région, tandis que Kinshasa et Gitega rejettent ces accusations.

Le conflit implique également les milices Wazalendo entretenues par Kinshasa, ainsi que Twirwaneho, un groupe armé composé en grande partie de jeunes combattants issus de la minorité Banyamulenge, actif dans les hauts plateaux du Sud-Kivu.

Les combats continuent de pousser des milliers de civils à fuir leurs localités. Ici, des réfugiés congolais accueillis dans la région frontalière de Cibitoke, au nord-ouest du Burundi, en décembre 2025. © SOS Médias Burundi

Des accusations croisées

Malgré les démentis répétés de Kigali, des rapports d’experts des Nations unies ont fait état d’un soutien présumé du Rwanda au M23. L’ONU a également documenté la collaboration des FDLR avec les FARDC et leurs alliés, dont les milices Wazalendo entretenues par Kinshasa et la Force de défense nationale du Burundi (FDNB).

Les civils toujours pris entre deux feux

La multiplication des combats dans les territoires de Fizi, Uvira et Mwenga fait craindre une nouvelle vague de déplacements de populations.

Dans plusieurs secteurs des hauts plateaux, des habitants fuient leurs villages à mesure que les affrontements se rapprochent. Ces violences aggravent une crise humanitaire déjà profonde dans l’est de la RDC, où des millions de personnes ont été déplacées par les conflits.

Alors que les initiatives diplomatiques se poursuivent pour tenter de mettre fin à la guerre, les armes continuent de parler dans les hauts plateaux du Sud-Kivu.

La bataille pour le contrôle de Minembwe, Bijombo, Fizi et des principaux axes reliant les hauts plateaux à Uvira pourrait ainsi constituer l’un des prochains grands foyers de confrontation entre les forces pro-Kinshasa et l’AFC/M23-Twirwaneho.

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Photo : Des militaires burundais lors d’une opération de sécurisation de hauts responsables congolais dans la ville d’Uvira, au Sud-Kivu. De nouveaux combats sont signalés dans plusieurs territoires de la province, opposant les FARDC, appuyées par la FDNB et les milices Wazalendo entretenues par Kinshasa, aux combattants de l’AFC/M23 et de Twirwaneho. © SOS Médias Burundi

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