RDC : évacuation de militaires et policiers désarmés de Goma vers Kinshasa avec le soutien du CICR et de la MONUSCO

RDC : évacuation de militaires et policiers désarmés de Goma vers Kinshasa avec le soutien du CICR et de la MONUSCO

SOS Médias Burundi

Plusieurs centaines de membres désarmés des forces de sécurité congolaises, protégés depuis janvier par la MONUSCO à Goma, ont commencé à être transférés vers Kinshasa dans le cadre d’une opération humanitaire conduite par le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), en coordination avec la mission onusienne. Cette opération intervient dans un contexte de forte instabilité, alors que le M23 contrôle désormais les chefs-lieux des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.

Le CICR a lancé ce mercredi l’évacuation de ces militaires et policiers congolais désarmés, accompagnés de leurs familles. Réfugiés depuis plus de trois mois dans une base de la MONUSCO au Nord-Kivu, ils sont désormais acheminés vers la capitale congolaise, où ils seront pris en charge par les autorités nationales.

L’opération, prévue pour s’étendre sur plusieurs jours, résulte d’une demande conjointe du ministère congolais de la Défense, de la MONUSCO et du groupe armé M23. À Kinshasa, les évacués seront accueillis par les services compétents de l’État congolais.

Selon des sources proches du dossier, plus de 2 000 militaires et policiers se trouvaient initialement dans l’enceinte de la MONUSCO à Goma. Environ 500 d’entre eux auraient quitté le site pour rejoindre les rangs du M23, qui contrôle actuellement plusieurs zones stratégiques du Kivu, une région convoitée pour ses ressources minières.

« Ce rôle d’intermédiaire neutre peut contribuer à résoudre des problèmes humanitaires complexes en réduisant les conséquences pour les populations », a déclaré François Moreillon, chef de la délégation du CICR en RDC. Il a précisé que l’ensemble des personnes évacuées ont donné leur consentement libre et éclairé avant leur départ.

Tout en réaffirmant sa neutralité, le CICR souligne qu’il ne participe à aucune négociation politique. Il insiste sur la nécessité pour toutes les parties de respecter strictement le droit international humanitaire tout au long de l’opération.

Dans un communiqué, les Forces armées de la RDC (FARDC) ont salué cette initiative, remerciant le CICR pour ses « bons offices » et exprimant leur gratitude envers la MONUSCO pour avoir assuré la protection des militaires désarmés dans un contexte sécuritaire extrêmement délicat. L’armée congolaise espère que l’évacuation se poursuivra dans le respect des Conventions de Genève et des engagements pris par les différentes parties impliquées.

Cette opération d’évacuation intervient alors que la région est marquée par de fortes tensions. Les troupes de la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC), engagées jusqu’ici en RDC, amorcent un retrait progressif via le Rwanda, laissant l’est du pays dans une situation sécuritaire toujours précaire.

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Photo : Un convoi de militaires et policiers congolais sécurisé par des éléments de la MONUSCO © DR

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