Burunga : la surpopulation carcérale aggrave les conditions de détention à la prison de Murembwe
SOS Médias Burundi
Burunga, 3 août 2026 — La surpopulation carcérale continue de peser lourdement sur les conditions de détention à la prison centrale de Murembwe, en commune de Rumonge, province de Burunga, dans le sud-ouest du Burundi. Plus de 1 300 détenus y sont actuellement incarcérés dans un établissement prévu pour 800 personnes, une situation qui aggrave les difficultés liées à l’accès à l’eau potable, aux soins de santé et aux conditions d’hygiène.
Selon des sources pénitentiaires, la prison centrale de Murembwe accueille actuellement plus de 1 300 détenus pour une capacité d’accueil de 800 places, soit un taux d’occupation supérieur à 170 %.
Cette surpopulation entraîne de nombreuses conséquences sur les conditions de vie des détenus. Une source policière fait état d’un manque important d’eau potable. Les détenus disposant de moyens financiers peuvent acheter de l’eau à l’extérieur de la prison. Pour les autres besoins quotidiens, l’établissement utilise l’eau provenant de forages, jugée de mauvaise qualité par plusieurs détenus.
Les personnes incarcérées éprouvent également des difficultés à accéder aux services d’hygiène et aux soins de santé. Faute d’espace suffisant, beaucoup dorment à même le sol, sans matelas ni natte, parfois sur des cartons.
L’accès aux soins médicaux demeure un autre défi. Les cas les plus graves sont transférés à l’hôpital de Rumonge. Les détenus nécessitant une consultation médicale sont accompagnés par des agents de la Police pénitentiaire, parfois à pied ou à moto.
Plus de 270 militaires détenus à Murembwe
La prison centrale de Murembwe abrite également plus de 270 militaires burundais. Selon des sources proches du dossier, ces militaires s’étaient rendus dans l’est de la République démocratique du Congo, mais ont refusé de combattre aux côtés des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), l’armée loyaliste congolaise, ainsi que des milices Wazalendo soutenues par Kinshasa dans la guerre contre le M23.
Ils ont ensuite été rapatriés au Burundi avant d’être arrêtés et placés en détention à la prison centrale de Murembwe, selon les mêmes sources.
Des détenus en attente de décisions judiciaires
Selon plusieurs familles de détenus, de nombreux prévenus restent en attente de l’évolution de leurs dossiers judiciaires. Certaines personnes ayant déjà purgé leur peine seraient également toujours maintenues en détention.
Une source judiciaire contactée confirme que ces situations seraient liées aux retards dans le traitement de certains dossiers.
Une commission du ministère de la Justice a récemment séjourné à la prison centrale de Murembwe pour examiner plusieurs dossiers de détenus, selon des sources judiciaires. Cette mission a déjà conduit à la libération de certains détenus, notamment des personnes poursuivies pour atteinte à la sûreté intérieure de l’État. La plupart étaient impliquées dans des dossiers liés aux assassinats à la machette perpétrés dans l’ancienne province de Bururi.
Un problème qui dépasse Murembwe
La situation observée à Murembwe illustre les défis persistants du système pénitentiaire burundais, où la surpopulation continue de peser sur les conditions de vie des détenus et sur l’accès aux services essentiels.
Le cas de la prison centrale de Murembwe n’est pas isolé. Dans plusieurs autres maisons pénitentiaires du pays, les détenus font face à des difficultés similaires liées au manque de nourriture suffisante, au non-accès aux soins de santé, à la vétusté des infrastructures carcérales, à l’insuffisance des moyens financiers alloués aux prisons ainsi qu’aux lenteurs judiciaires qui prolongent la détention de nombreuses personnes.
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Photo : Des détenus à l’intérieur de la prison centrale de Murembwe lors d’une cérémonie officielle. L’établissement est régulièrement confronté à des problèmes de surpopulation et de conditions de détention difficiles, selon plusieurs sources. @ SOS Médias Burundi
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