Sud-Kivu : revers pour la coalition gouvernementale, plusieurs positions auraient été abandonnées face aux drones du M23 à Bijombo
SOS Médias Burundi
Uvira, 12 octobre 2026 — La coalition gouvernementale congolaise aurait perdu plusieurs positions dans les hauts plateaux de Bijombo, dans le territoire d’Uvira, au Sud-Kivu, à l’est de la République démocratique du Congo (RDC), après des attaques de drones attribuées aux rebelles de l’Alliance Fleuve Congo/Mouvement du 23 mars (AFC/M23). Des militaires burundais, des éléments des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et des miliciens Wazalendo, soutenus par Kinshasa, auraient quitté plusieurs positions, selon des informations en provenance de Masango.
D’après les mêmes sources, les frappes auraient visé des positions occupées par les forces gouvernementales et leurs alliés, notamment à Magunda, Rubarati, Masango et Ruhuha. À la suite de ces attaques, plusieurs militaires et combattants auraient quitté leurs positions. Certains auraient pris la direction de la ville d’Uvira, située à quelques dizaines de kilomètres de Bujumbura, la capitale économique du Burundi, où se concentrent les principales institutions économiques, les représentations diplomatiques et plusieurs services de l’administration centrale. D’autres se seraient dirigés vers le camp de Malimba.
Le porte-parole du mouvement Twirwaneho, Fidèle Rugabo, a confirmé que les combattants de l’AFC/M23 et de Twirwaneho avaient repris le contrôle de Rubarati et de Ruhuha. Au moment de la rédaction de cet article, ces informations n’avaient toutefois pas fait l’objet d’une confirmation indépendante.
Des positions disputées dans les hauts plateaux
Ces développements interviennent dans un contexte de combats récurrents pour le contrôle des hauts plateaux de Bijombo, une zone stratégique du territoire d’Uvira, au Sud-Kivu, où s’affrontent les forces gouvernementales congolaises, leurs alliés et plusieurs groupes armés.
Les nouveaux mouvements de troupes rapportés dans cette région surviennent quelques jours après la reprise de certaines positions, notamment à Magunda et à Malimba, par les militaires burundais, les FARDC et les miliciens Wazalendo. Ces positions auraient auparavant été occupées par les combattants du groupe rebelle burundais RED-Tabara.
Ces opérations faisaient suite à des affrontements signalés dans la région de Masango, qui auraient coûté la vie à sept militaires burundais, selon les informations rapportées.
La situation demeure confuse sur le terrain, alors que les différentes forces engagées cherchent à consolider leurs positions dans cette partie de l’est du Congo.

Des éléments d’une unité spéciale des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) sur le terrain dans l’est de la RDC. La coalition gouvernementale congolaise, composée notamment des FARDC, de militaires burundais et de miliciens Wazalendo, fait face aux rebelles de l’AFC/M23 dans plusieurs zones de l’est du pays © SOS Médias Burundi
Une coalition gouvernementale face à l’AFC/M23
Les militaires burundais sont engagés aux côtés des FARDC dans le cadre de la coopération militaire entre Gitega et Kinshasa. Les miliciens Wazalendo, qui regroupent différentes factions armées soutenant les autorités congolaises contre l’AFC/M23, participent également aux opérations aux côtés de l’armée congolaise.
Face à cette coalition, l’AFC/M23, une alliance politico-militaire à dominante tutsi, ne cesse de gagner du terrain, enregistrant parfois des avancées spectaculaires. Après s’être emparé de Goma, chef-lieu du Nord-Kivu, et de Bukavu, chef-lieu du Sud-Kivu, début 2025, le mouvement a étendu son contrôle à plusieurs autres zones stratégiques, dont le site minier de Rubaya, l’un des principaux gisements de coltan de la République démocratique du Congo, une ressource essentielle à la fabrication de nombreux équipements électroniques.
Dans les hauts plateaux du Sud-Kivu, l’AFC/M23 bénéficie notamment de l’appui de groupes armés alliés, dont Twirwaneho, composé majoritairement de combattants banyamulenge.
La présence de RED-Tabara ajoute une dimension régionale au conflit. Ce groupe rebelle burundais est accusé par les autorités de Gitega de mener des opérations contre le pouvoir burundais depuis le territoire congolais.
Les autorités burundaises et congolaises accusent le Rwanda de soutenir les rebelles de l’AFC/M23, une allégation que Kigali rejette catégoriquement. De son côté, le Rwanda reproche au Burundi et à la République démocratique du Congo de collaborer avec les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), un groupe armé hutu rwandais dont certains membres sont accusés d’avoir participé au génocide des Tutsis en 1994 au Rwanda.
Un contrôle territorial à confirmer
Si le porte-parole de Twirwaneho affirme que Rubarati et Ruhuha sont repassés sous le contrôle de ses combattants et de ceux de l’AFC/M23, l’étendue exacte des mouvements de troupes et le sort des autres positions restent à établir.
Les informations disponibles ne permettent pas non plus de déterminer avec précision le bilan des dernières attaques de drones ni de confirmer l’ampleur du retrait des forces gouvernementales et de leurs alliés.
La situation reste volatile dans les hauts plateaux de Bijombo, au Sud-Kivu, à l’est du Congo, où les affrontements entre la coalition gouvernementale et l’AFC/M23 pourraient modifier davantage les rapports de force dans cette partie du pays.
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Photo : Des rebelles de l’AFC-M23 effectuent une patrouille dans une zone qu’ils occupent dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC). © SOS Médias Burundi
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