Nduta (Tanzanie) : interdiction d’élevage au camp
L’ ordre est venu du bureau du président du camp de réfugiés burundais de Nduta. Il interdit tout élevage à l’intérieur du camp. Les concernés y voient une forme de pression pour les contraindre au rapatriement. (SOS Médias Burundi)
Le communiqué du président du camp de Nduta est affiché dans tous les lieux publics. Un ultimatum est lancé aux éleveurs. Ils ont jusqu’au 15 mai prochain pour se débarrasser de tout bétail, petit ou grand. “Vous êtes priés de vendre ou abattre tous les animaux domestiques à savoir les vaches, porcs, chèvres, moutons, lapins ou encore la volaille avant le 15 mai 2021. Passée cette date, aucun élevage ne sera toléré dans le camp”, peut-on lire dans ce communiqué rédigé en Swahili. Il ajoute que “celui qui ne suivra pas à la lettre ces restrictions sera puni sévèrement et conformément à la loi”.
Une interdiction très mal accueillie par des réfugiés burundais. Certains parlent de manœuvre pour les contraindre à rentrer au Burundi. « Le petit bétail fournissait du fumier pour cultiver des légumes et des fruits. On pouvait aussi vendre le bétail et gagner de l’argent. C’est une décision qui ne nous surprend pas. Elle nous prouve que nous sommes indésirables”, déplorent-ils.
Ils se disent préoccupés par ces décisions intempestives à leur encontre. “Ils ont fermé les marchés et les petits stands. Ils ont interdit toute activité agricole, de transport. Il est également interdit de sortir du camp, sans parler des arrestations arbitraires. Maintenant on nous oblige de manger nos vaches et nos chèvres”, se lamentent-ils.
Ces réfugiés demandent à la nouvelle administration tanzanienne de revoir leurs conditions de vie et leur laisser le choix de rentrer au Burundi ou de rester. Nduta compte plus de 65.000 réfugiés burundais.
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Photo : des vaches de réfugiés burundais au camp de Nduta
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