Dzaleka : l’absence prolongée du HCR met en danger des milliers de réfugiés
SOS Médias Burundi
Dzaleka, Malawi, 28 février 2026 – Le bureau du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) au camp de Dzaleka est fermé depuis plus de trois mois, laissant des milliers de réfugiés, dont de nombreux Burundais, dans une situation précaire et inquiétante.
Une source sur place n’a pas pu préciser la date exacte de la fermeture du bureau, mais se souvient que le HCR n’est plus opérationnel depuis novembre 2025. « C’est inacceptable. Des gens n’ont cessé de faire la queue, croyant que le bureau allait rouvrir à tout moment. Ils n’ont laissé aucune note », explique-t-elle.
L’administration du camp a informé les réfugiés que toutes les demandes autrefois adressées au HCR pouvaient désormais être traitées par elle. Selon ses responsables, « les agents onusiens ont été appelés pour renforcer d’autres sites pour des questions urgentes ».
Pour les réfugiés qui se sont confiés à SOS Médias Burundi, cet argument ne suffit pas. « Le HCR doit s’occuper de notre vie au camp en permanence », affirment-ils. Ils pointent plusieurs difficultés que l’administration peine à résoudre :
Sécurité : Les rondes nocturnes assurées par des gardiens civils ont disparu, laissant la criminalité s’intensifier.
Transparence : L’attribution des parcelles dans le camp est jugée opaque et sujette à la corruption.
Services essentiels : La délivrance des certificats de naissance et l’enregistrement des nouveaux arrivants restent insuffisants sans le suivi du HCR.
Les réfugiés s’inquiètent également du départ d’autres humanitaires quelques mois avant la fermeture du HCR, notamment Plan International, Croix-Rouge, Hunger Fighter et UBUNTU, une ONG locale soutenue par le HCR. En juin 2025, le HCR avait annoncé être à court de moyens et que les soutiens cesseraient dans les deux mois suivants.
Aujourd’hui, le camp de Dzaleka, construit pour accueillir environ 10 000 personnes, abrite plus de 50 000 réfugiés, dont plus de 11 000 Burundais. Les habitants appellent le siège du HCR à Genève à intervenir rapidement afin d’éviter un vide humanitaire et sécuritaire qui pourrait avoir des conséquences graves.
« Nous craignons que le HCR ne parte pour de bon, comme d’autres humanitaires avant lui. Il est temps que Genève entende notre détresse », insiste un leader communautaire.
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Photo : Vue d’une partie du camp de Dzaleka au Malawi, où le HCR est absent depuis plusieurs mois, laissant les occupants, dont de nombreux Burundais, dans une situation précaire. © SOS Médias Burundi
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