Photo de la semaine-Gitega : la pénurie d’engrais menace les récoltes et la sécurité alimentaire
À l’approche de la fin de la période de semis pour la saison culturale B, les cultivateurs de Gitega dénoncent des distributions insuffisantes d’engrais chimiques, retardées ou incomplètes. Urée et fertilisants organo-minéraux manquent cruellement, compromettant les récoltes et exposant la population à une possible crise alimentaire. La colère monte et les inquiétudes s’étendent dans plusieurs régions de la petite nation de l’Afrique de l’Est, où les agriculteurs pointent du doigt une gestion défaillante et partiale des intrants agricoles.
Les cultivateurs de la province tirent la sonnette d’alarme. Rencontrée au site de distribution de Nyabugogo, Francine Nkurunziza, 50 ans, cultivatrice de la colline Kibiri, exprime son indignation : « Sur cinq tickets, je n’ai reçu qu’un seul sac alors que la période de semis touche à sa fin. Comment un sac d’urée peut-il être partagé entre deux agriculteurs ? » Elle appelle le gouvernement à rendre disponibles les fertilisants organo-minéraux en temps opportun et en quantités suffisantes.
Même frustration chez Vianey Niragira, 32 ans, cultivateur de la colline Rutoke. « Nous repartons encore avec nos tickets sans aucun sac, ni Imbura, ni urée. Pourtant, malgré nos faibles moyens, nous avons déjà payé les montants exigés », déplore-t-il. Il redoute également de perdre ses tickets, seule preuve de paiement permettant d’être servi. Pour cet agriculteur, la situation compromet l’atteinte des ambitions nationales, notamment le slogan du président Évariste Ndayishimiye : « que chaque bouche ait à manger et que chaque poche ait de l’argent ».
Fulgence Habarugira, 50 ans, de la colline Jimbi, partage les mêmes inquiétudes : « J’avais payé pour quatre sacs, mais je n’en ai reçu qu’un seul. Pendant la saison culturale A déjà, j’ai dû me rabattre sur la fumure organique. » Selon lui, les retards répétés dans la distribution risquent d’empêcher certains agriculteurs de semer à temps, compromettant ainsi les rendements attendus.
Face à ces préoccupations, le directeur du Bureau provincial de l’environnement, de l’agriculture et de l’élevage à Gitega, Jean Séverin Sinzobatohana, n’a pas souhaité faire de commentaire.
Alors que la grande saison culturale B est en cours, les cultivateurs craignent qu’une pénurie persistante d’intrants agricoles n’entraîne une baisse significative de la production, avec des répercussions possibles sur la sécurité alimentaire dans la région.
La situation de Gitega n’est pas un cas isolé. Dans plusieurs autres régions de la petite nation de l’Afrique de l’Est, agriculteurs et coopératives dénoncent des quantités insuffisantes, des retards, des distributions partielles et parfois des livraisons intervenant plusieurs mois après la saison culturale concernée, avec des conséquences directes sur les récoltes.
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Notre photo : plusieurs agriculteurs, dont des femmes très épuisées, attendent en vain à un point de distribution d’engrais chimiques à Gitega, dénonçant des retards et des quantités insuffisantes
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