Rumonge : les banques et microfinances de nouveau à court de liquidités

Rumonge : les banques et microfinances de nouveau à court de liquidités

Des clients de certaines banques et microfinances de la ville de Rumonge (sud-ouest du Burundi) étaient en colère ce dimanche. Certains ont indiqué avoir passé deux jours à tenter d’opérer des retraits d’argent, sans succès. D’autres ont signalé qu’ils venaient de Bujumbura (capitale économique) croyant qu’ils allaient faire des retraits d’argent à Rumonge mais qu’ils n’ont pas pu le faire. Selon des sources bancaires, la raison de ce manque de liquidités est la décision prise par la Banque de la République du Burundi de limiter les approvisionnements des banques et microfinances en liquidités. (SOS Médias Burundi)

Les agents des microfinances étaient presque au repos.

Selon une source parmi les employés d’une banque en place, pour servir les clients qui effectuent des retraits, ils devaient attendre ceux qui viennent faire des versements.

La raison derrière ce manque de liquidités est une décision prise par la Banque de la République du Burundi (BRB) pour limiter les liquidités destinées aux banques et aux microfinances.

À notre passage, les clients qui voulaient retirer des sommes allant de cinq cent mille à deux millions de francs ont été contraints de ne retirer que la moitié, à conditions qu’ils viennent avec un autre un client qui effectue un versement d’argent équivalent ou supérieur.

L’évidence est là : les caisses des banques et microfinances se sont asséchées.

Nos sources affirment par ailleurs que la BRB se préparerait à promouvoir l’utilisation du rouble russe et du yuan chinois au détriment du dollar américain et que ceci serait l’une des causes de cette limitation des liquidités.

En conséquence de ce manque de liquidités, un problème de confiance s’est installé entre les établissements financiers et leurs clients. Ces derniers préfèrent alors garder leur argent à la maison pour éviter des tracasseries à la banque.

Des agents de ces institutions qui le confirment disent que les versements viennent à compte goutte.

« Quand nous avons la chance d’avoir un client qui vient déposer son argent, nous poussons un ouf de soulagement. Regardez tout ce monde qui veut de l’argent alors que nos caisses sont vides. Nous leur demandons d’attendre des versements et essayons de les départager à nos clients », a expliqué un agent bancaire.

Précisons que ce problème de manque de liquidités intervient deux mois après la mesure de la BRB de changer les billets de cinq et dix mille francs burundais.

« La pénurie de liquidités en banques et microfinances renforce la perte de confiance aux banques et alimente la réflexe de garder l’argent à la maison », a regretté un client rencontré devant une banque.

Des sources bancaires sur place ont révélé que ce manque de liquidités constaté à Rumonge s’observe également dans les autres banques commerciales et microfinances du pays.

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Photo d’illustration : le siège d’une banque situé dans la ville commerciale Bujumbura et dont l’agence manque de liquidités dans la ville de Rumonge

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