Ngozi : un représentant des réfugiés de Musasa derrière les barreaux après des dénonciations d’abus, ses proches dénoncent un acharnement

Ngozi : un représentant des réfugiés de Musasa derrière les barreaux après des dénonciations d’abus, ses proches dénoncent un acharnement

SOS Médias Burundi

Ngozi, 29 juillet 2026 – Matabaro Ntawigira, représentant de la communauté des Barundi de la plaine de la Rusizi parmi les réfugiés congolais au Burundi, est détenu depuis le 17 juillet 2026 à la prison centrale de Ngozi, en province de Butanyerera, dans le nord du Burundi. Son arrestation, liée selon plusieurs sources à une affaire de dénonciations de présumées violations des droits humains au camp de Musasa, situé également dans le nord du pays, suscite des interrogations parmi des réfugiés et des défenseurs des droits humains. Ses proches dénoncent un « acharnement » contre un responsable communautaire qui affirme avoir défendu les droits des réfugiés.

Selon plusieurs sources proches du dossier, les autorités reprocheraient à Matabaro Ntawigira d’avoir encouragé et aidé trois réfugiés — Makanda Junior, Mugisha Amani et Djuma Kashanda — à rédiger une lettre adressée notamment au Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) et à l’Office national de protection des réfugiés et des apatrides (ONPRA).

Cette correspondance, datée du 30 mai 2026, dénonçait de présumées détentions arbitraires, des actes d’intimidation, des violences et d’autres violations des droits fondamentaux qui auraient été commises au camp de Musasa.

Matabaro Ntawigira rejette ces accusations. Selon ses proches, il affirme n’avoir jamais participé à la rédaction de cette lettre ni encouragé ses auteurs. Il estime que son arrestation serait le résultat d’un complot dirigé contre lui, évoquant notamment un différend avec Claudine Nsengiyumva, administratrice du camp de Musasa.

Ses soutiens considèrent plutôt que la procédure judiciaire engagée contre lui serait liée à son engagement en faveur des droits des réfugiés et à ses dénonciations répétées de ce qu’il qualifie d’injustices au sein du camp.

Selon des sources proches du dossier, deux des trois signataires de la lettre auraient quitté le camp, tandis que le troisième aurait également été placé en détention.

Un représentant communautaire déjà au centre de tensions

Au-delà de cette affaire, plusieurs membres de la communauté des réfugiés congolais estiment que la détention de Matabaro Ntawigira est liée à son rôle de représentant communautaire et à ses prises de position publiques.

Depuis plusieurs mois, il dénonçait notamment la non-prise en compte de certains dossiers de réinstallation concernant des réfugiés congolais issus de la communauté des Barundi de la plaine de la Rusizi.

Selon plusieurs témoignages, il avait également interpellé la représentante du HCR au Burundi, Brigitte Mukanga-Eno, lui reprochant de ne pas avoir accordé suffisamment d’attention aux préoccupations exprimées par cette communauté.

Ces prises de position auraient accentué les tensions entre Matabaro Ntawigira et certains responsables administratifs, selon plusieurs sources proches du dossier.

Des réfugiés rappellent également qu’avant son arrestation, il avait déjà été transféré à deux reprises entre différents camps. Les autorités lui reprochaient, selon ces témoignages, de semer le trouble et la division parmi les réfugiés.

Ses soutiens contestent ces accusations et estiment que ces transferts étaient plutôt liés à son rôle de représentant communautaire et à ses dénonciations répétées des difficultés rencontrées par les réfugiés.

Une lettre dénonçant des arrestations au camp de Musasa

La lettre au centre de cette affaire, datée du 30 mai 2026, affirme que plusieurs réfugiés auraient été arrêtés et détenus pendant plusieurs jours sans procédure régulière après une affaire de vol survenue au camp de Musasa.

Les signataires affirment avoir finalement été libérés faute de preuves et demandent l’ouverture d’une enquête indépendante sur les faits dénoncés ainsi que des garanties de protection pour les personnes qui signalent des violations présumées.

En attendant la décision du juge, Matabaro Ntawigira reste détenu à la prison centrale de Ngozi, en province de Butanyerera.

Son cas relance le débat sur l’espace accordé aux représentants des réfugiés pour dénoncer les dysfonctionnements observés dans les camps, sans craindre de représailles.

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Photo : Matabaro Ntawigira, représentant des réfugiés de la communauté des Barundi de la plaine de la Rusizi, détenu à la prison centrale de Ngozi, dans le nord du Burundi. © DR/SOS Médias Burundi

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