Burundi : tensions électorales persistantes malgré les appels à la tolérance
SOS Médias Burundi
Malgré un appel solennel à la tolérance lancé par le président Évariste Ndayishimiye lors du coup d’envoi officiel de la campagne électorale, le 9 mai à Gitega, la situation sur le terrain reste tendue, loin du climat apaisé espéré.
Le chef de l’État avait exhorté les formations politiques à mener une compétition respectueuse, fondée sur le dialogue et le fair-play. Trois semaines plus tard, les témoignages d’intimidations et d’obstacles visant l’opposition se multiplient.
L’opposition dénonce un climat de harcèlement
Les coalitions Burundi Bwa Bose et le Congrès pour la Démocratie et le Progrès (CDP) s’alarment d’un environnement électoral marqué, selon elles, par des entraves délibérées à leurs activités. Les dirigeants de ces partis parlent de menaces, provocations et réunions interrompues, évoquant un harcèlement systématique orchestré pour les décourager.
Plusieurs provinces concernées
Les incidents signalés toucheraient notamment les provinces de Gitega, Butanyerera, Burunga et Buhumuza. Les regards se tournent vers les Imbonerakure, la ligue des jeunes du parti au pouvoir, le CNDD-FDD, accusés de jouer un rôle central dans ces dérives.
Ces militants sont soupçonnés de provoquer les rassemblements de l’opposition, de proférer des slogans hostiles et de semer l’intimidation. Un chant menaçant revient régulièrement dans les cortèges : Ntituzorekura (« Nous ne céderons jamais le pouvoir »), alimentant la peur chez de nombreux militants de l’opposition.
Le CNDD-FDD se défend
Face à ces accusations, le CNDD-FDD rejette toute responsabilité. Par la voix de son porte-parole, le parti assure mener une campagne pacifique, conforme aux directives du président. « Les cas isolés ne sauraient engager notre responsabilité. Nos jeunes encadrent les activités du parti dans un esprit civique », a-t-il déclaré dans un communiqué adressé à la presse.
Des attentes fortes, au Burundi comme à l’étranger
Dans ce contexte tendu, les électeurs expriment leur inquiétude, mais aussi leur espoir de voir le processus démocratique aboutir sans violence. « Nous voulons voter sans peur », témoigne un habitant de Burunga.
La communauté internationale suit avec attention le déroulement de cette campagne. Des organisations régionales et internationales telles que la Communauté Est-Africaine (EAC) et les Nations Unies ont appelé à des élections libres, transparentes et inclusives. Tout dérapage pourrait compromettre les efforts en cours pour stabiliser le pays et renforcer la coopération régionale.
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Photo : Le président Évariste Ndayishimiye s’adresse à des gens venus assister au lancement de la campagne électorale, le 9 mai 2025 © DR
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