Photo de la semaine : du rêve d’émergence à la réalité de la faim : le Burundi à bout de souffle
Alors que les autorités promettent de hisser le Burundi au rang de pays émergent d’ici 2040, les réalités du quotidien dressent un tableau sombre : pénurie chronique de carburant, flambée des prix, et conditions de vie qui se dégradent, affectant la santé, l’éducation et l’alimentation des familles.
Dans la capitale économique, Bujumbura, comme dans les provinces de l’intérieur, les témoignages se font alarmants : les pénuries paralysent le transport, les marchés se vident et les prix atteignent des niveaux inaccessibles pour la majorité.
« Nous passons des nuits entières dans les files d’attente pour espérer un peu d’essence. Même quand on en trouve, c’est à un prix que seuls les plus riches peuvent se permettre », témoigne un motocycliste de Bujumbura.
Cette situation ne se limite pas aux carburants : elle a un effet domino sur toute la chaîne de consommation.
Des prix alimentaires qui affament
Les denrées de base – haricot, riz, pommes de terre, petit pois, farine de maïs et de manioc, banane – ont parfois triplé en quelques mois.
« Nous ne comprenons pas comment nourrir nos familles. Avec ce que je gagne par jour, je ne peux même plus acheter un kilo de haricots », confie une habitante de Gitega, la capitale politique du pays.
La malnutrition progresse dans les foyers les plus pauvres, surtout en milieu rural où les familles dépendent largement de l’agriculture vivrière. Certains parents racontent réduire les repas à un seul par jour pour que leurs enfants puissent manger.
L’éducation et la santé en souffrance
Le coût des transports et des fournitures scolaires empêche de nombreux enfants de se rendre à l’école régulièrement. Dans certains centres de santé, le manque de carburant freine la distribution de médicaments et complique l’accès aux soins.
« Ma fille est malade depuis deux jours, mais je n’ai pas de quoi payer le taxi pour l’amener à l’hôpital », explique une mère de famille de Cibitoke, dans le nord-ouest du pays.
Un décalage avec le discours officiel
Pendant que la population se débat dans cette réalité, le gouvernement continue de promouvoir la vision d’un Burundi émergent d’ici 2040 et développé d’ici 2060.
« C’est bien de rêver pour 2040, mais aujourd’hui, nous avons faim. Il faut d’abord sauver le présent avant de planifier l’avenir », s’indigne un enseignant de Ngozi, au nord.
Des mesures urgentes réclamées
Les attentes des citoyens sont claires : stabiliser le franc burundais, faciliter l’accès aux devises pour les importations, soutenir les agriculteurs et transporteurs, et lutter contre la corruption qui gangrène la chaîne d’approvisionnement.
En attendant des solutions concrètes, les Burundais continuent de faire face à une crise aux répercussions multiples : elle fragilise les familles, entrave l’éducation des enfants et met en péril la santé des plus vulnérables.
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Notre photo : une vieille femme contemple le président Évariste Ndayishimiye lors de la présidentielle de 2020. Cinq ans plus tard, l’espoir laisse place à l’inquiétude : de nombreux Burundais et acteurs internationaux estiment que la situation socio-économique et politique s’est aggravée sous le régime Neva
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