Gatumba : la détention controversée du chef de poste et de son adjointe secoue la PNB
SOS Médias Burundi
Bujumbura, 27 octobre 2025- Le chef de poste de Gatumba, major de police Sylvestre Nshimirimana, à la frontière entre le Burundi et la RDC, ainsi que son adjointe, Priscille Ndayisenga, sont détenus à la prison centrale de Bujumbura (capitale économique), dite Mpimba, depuis la soirée du mercredi 22 octobre 2025.
Trois autres policiers sont également détenus dans la même affaire. Selon des sources proches du dossier, l’affaire aurait débuté lorsqu’un cadre affecté à l’inspection générale de la Police nationale du Burundi (PNB) aurait tenté de corrompre les deux responsables.
Une tentative de corruption refusée
« Il faisait le commerce de boissons entre le Burundi et la RDC. Un jour, 27 casiers de bière bock ont été saisis avant d’être acheminés à Uvira (RDC). Il a proposé un million et demi aux deux officiers, qui ont refusé », expliquent nos sources. Après cet échec, le cadre aurait remis un sac d’argent à un groupe de policiers afin qu’ils incriminent les majors Nshimirimana et Ndayisenga, mais ces derniers ont également refusé.
Une arrestation qui soulève des questions
Les événements ont pris une nouvelle tournure le 18 octobre lorsque deux policiers ont été interceptés par des agents du Service national de renseignements (SNR) en possession d’un sac contenant près de deux millions de francs burundais, supposément destinés aux officiers. « Ils ont été arrêtés le samedi 18 octobre. Mais le chef de poste n’a pas été informé », précisent nos sources.
Le lendemain, les deux officiers, le sous-officier de corps et le responsable de l’administration du commissariat ont été interpellés pour interrogatoire à la police judiciaire à Bujumbura. Le chargé de l’administration a ensuite été libéré, tandis que les trois autres — les majors Nshimirimana et Ndayisenga, ainsi que le sous-officier — ont été entendus par des agents de la cour anti-corruption et poursuivis pour corruption.
Des signaux d’une affaire montée ?
Certaines sources au sein de la cour affirment que les deux officiers étaient déjà attendus depuis le 17 octobre. « Cela montre qu’il s’agit d’une affaire montée de toutes pièces », confie un officier de la PNB sous couvert d’anonymat.
Pour se couvrir, le cadre à l’origine des arrestations aurait également ordonné la détention de deux policiers utilisés pour incriminer les responsables de Gatumba. Le dimanche 19 octobre, l’équipe venue procéder aux arrestations était accompagnée de deux nouveaux responsables, installés le même jour, un autre élément qui, selon plusieurs sources, montre que le dossier pourrait avoir été fabriqué.
Appel à la présidence et contexte économique
Des collègues des officiers détenus ont appelé la présidence à suivre de près l’affaire, jugeant inacceptable que des fonctionnaires exemplaires soient emprisonnés de manière illégale. Le cadre derrière ces arrestations est un ancien du SNR, souvent cité dans des violations des droits humains au Burundi, et également impliqué dans le commerce illégal de boissons, de sucre et de carburant entre le Burundi et la RDC — un commerce devenu courant, les échanges se faisant en dollars.
À ce jour, la Police nationale du Burundi ne s’est pas encore exprimée sur cette affaire.
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Photo d’archives : des passagers sur la frontière Gatumba-Kavimvira, novembre 2024. La zone frontalière entre le Burundi et la RDC est régulièrement le théâtre d’opérations policières. En octobre 2025, le chef de poste de Gatumba, major Sylvestre Nshimirimana, et son adjointe, Priscille Ndayisenga, ont été détenus dans une affaire de corruption contestée, suscitant l’inquiétude parmi les habitants et les fonctionnaires locaux. ©SOS Médias Burundi
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