Burundi : des enfants dans le viseur des trafiquants pendant les grandes vacances
SOS Médias Burundi
Bujumbura, 4 août 2026 – Alors que les élèves profitent des grandes vacances scolaires, l’Observatoire national pour la lutte contre la criminalité transnationale (ONLCT) alerte sur une recrudescence de la traite des enfants au Burundi. L’organisation appelle les parents, les autorités administratives et les communautés à redoubler de vigilance face aux réseaux de trafiquants qui profitent de cette période pour recruter des enfants.
Cette alerte intervient dans le contexte de la Journée mondiale de lutte contre la traite des êtres humains, célébrée chaque année le 30 juillet. À cette occasion, l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) a rappelé l’importance de renforcer la prévention, l’identification des victimes et la protection des personnes exposées à cette forme d’exploitation, en particulier les plus vulnérables.
Les grandes vacances, une période à haut risque
Selon le représentant légal de l’ONLCT, Prime Mbarubukeye, les mois de juillet et d’août constituent une période particulièrement favorable aux réseaux de trafiquants.
Les enquêtes menées par l’organisation montrent que ces réseaux profitent de la fermeture des écoles et de la vulnérabilité économique de nombreuses familles pour recruter des enfants, souvent sous prétexte de leur offrir du travail ou de meilleures conditions de vie ailleurs.
Les enfants seraient ensuite acheminés clandestinement vers la Tanzanie, l’Ouganda, le Kenya ainsi que certains pays arabes.

Des jeunes déscolarisés rassemblés par les autorités en province de Buhumuza, non loin de la frontière avec la Tanzanie. Ils sont particulièrement exposés aux risques de traite des êtres humains et d’exploitation par des réseaux de trafiquants. © SOS Médias Burundi
Le précédent de Rutana
L’ONLCT rappelle qu’au cours des grandes vacances de 2025, vingt trafiquants avaient été arrêtés dans la commune de Rutana, en province de Burunga, dans le sud-est du Burundi, non loin de la frontière avec la Tanzanie, alors qu’ils tentaient de faire passer clandestinement 118 enfants vers la Tanzanie.
Les personnes arrêtées avaient ensuite été condamnées par le Tribunal de grande instance de Rutana.
Pour l’organisation, cette affaire démontre l’existence de réseaux qui ciblent particulièrement les enfants pendant les périodes où ils sont plus vulnérables.
Une vulnérabilité liée à plusieurs facteurs
L’ONLCT identifie plusieurs facteurs qui favorisent la traite des enfants : la fermeture des écoles pendant les vacances, les difficultés socio-économiques des ménages, la mobilité des populations ainsi que la recherche de revenus.
Ces situations exposent les enfants au travail forcé, à l’exploitation domestique, économique ou sexuelle ainsi qu’à d’autres formes de criminalité transnationale.
L’ONLCT appelle à une vigilance renforcée
L’organisation recommande aux parents de surveiller davantage les activités et les déplacements de leurs enfants durant les vacances. Elle appelle également les responsables administratifs et les communautés locales à signaler rapidement toute disparition d’enfant ou tout recrutement suspect.
L’ONLCT encourage la mise en place de mécanismes d’alerte rapide au niveau des collines afin de faciliter les interventions des autorités compétentes.
Un phénomène qui continue de faire des victimes
Ces derniers temps, plusieurs enfants ont été interceptés ou refoulés, notamment à la frontière avec la Tanzanie. Les trafiquants profitent de l’innocence des enfants, de la naïveté de certaines familles et de la pauvreté des ménages pour les attirer dans leurs réseaux.
Certains enfants, particulièrement des fillettes, ont été retrouvés dans des conditions préoccupantes. Des cas d’abus et d’exploitation ont également été signalés.
Les autorités burundaises ont mis en place plusieurs mécanismes pour lutter contre ce phénomène, notamment la police chargée de la protection des mineurs. Le Code pénal burundais prévoit également des sanctions sévères contre les auteurs de traite des êtres humains.
Mais malgré ces dispositifs, le phénomène persiste. Des acteurs de la société civile estiment que la lutte reste difficile, notamment en raison de l’implication présumée de certains responsables à différents niveaux, ce qui fragilise les efforts visant à démanteler durablement les réseaux de traite.
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Photo : Des élèves dans une salle de classe dans l’est du Burundi, où plusieurs enfants ont été interceptés alors qu’ils tentaient d’être acheminés clandestinement vers la Tanzanie. © SOS Médias Burundi
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