Galeries Ndayizamba et Le Parisien en cendres : des familles ruinées, des dettes qui s’accumulent
SOS Médias Burundi
Bujumbura, 24 août 2026 — Le violent incendie qui a ravagé, vendredi 21 août, les galeries commerciales Ndayizamba et Le Parisien, au centre-ville de Bujumbura, capitale économique du Burundi et véritable poumon commercial du pays, laisse derrière lui des commerçants sans marchandises, des familles privées de revenus et des dettes qui devront malgré tout être remboursées.
Ce lundi, alors que les décombres de l’incendie survenu vendredi 21 août étaient encore sous surveillance, un nouveau départ de feu se serait déclaré dans les deux galeries, selon des témoins qui affirment avoir vu de la fumée s’échapper encore des ruines.
Des journalistes qui souhaitaient prendre des images des lieux se sont par ailleurs vu empêcher d’y accéder par des agents de la Brigade anti-émeute, qui assurent la sécurité du site.
Nos reporters ont également constaté la présence permanente d’un camion de lutte contre les incendies à proximité des deux galeries.
Pour plusieurs commerçants, le sinistre ne représente pas seulement la destruction de marchandises, mais la perte de leur principale source de revenus et l’effondrement de projets familiaux.
Parmi les victimes figure une veuve qui venait de contracter un crédit de 500 millions de francs burundais pour lancer son propre commerce. Elle avait auparavant démissionné de son emploi à la Banque Commerciale du Burundi (BANCOBU) afin de se consacrer à son activité et de mieux répondre aux besoins de ses enfants.
Aujourd’hui, elle se dit dévastée. Entre le remboursement du crédit et les charges familiales, elle s’inquiète pour l’avenir de son foyer.
« Les mots me manquent pour décrire ma situation », confie-t-elle, encore sous le choc.
Florine I. est une autre victime. Elle disposait d’un emplacement à la galerie Ndayizamba, où elle vendait des sacs à main pour dames et des robes. Elle exerçait dans la galerie depuis plusieurs années, après avoir commencé dans la vente de vêtements pour enfants.
Pour elle, le feu a emporté une partie importante de sa vie.
« J’étais indépendante depuis longtemps. Je ne vois pas comment je vais m’en sortir. Dieu seul sait », témoigne-t-elle, inquiète.
Un jeune couple qui travaillait ensemble dans la galerie Le Parisien a également tout perdu. Leur activité constituait leur unique source de revenus et permettait de subvenir aux besoins du foyer.
« Nous sommes dans une désolation totale. C’est notre seul gagne-pain et notre seul moyen de faire vivre notre foyer », racontent-ils.
À l’approche de la rentrée scolaire, leurs inquiétudes sont encore plus grandes. Ils espèrent désormais pouvoir compter sur la solidarité et l’aide de personnes de bonne volonté.
Une autre famille, déjà confrontée à la maladie, a également subi de lourdes pertes. Gapine, surnom d’un vendeur de produits cosmétiques dans l’une des boutiques de la galerie Le Parisien, se retrouve sans principale source de revenus.
Sa femme souffre de thrombose veineuse et les revenus de son commerce permettaient notamment de couvrir les besoins du foyer ainsi que les dépenses liées à la maladie.
La destruction de son commerce intervient donc à un moment particulièrement difficile pour cette famille.
Au-delà des pertes matérielles, les victimes font face à une profonde incertitude quant à leur avenir. Les circonstances exactes de l’incendie, ainsi que celles de ce nouveau départ de feu rapporté ce lundi, restent à établir.
Les personnes rencontrées appellent désormais à la solidarité, à l’accompagnement et à des mesures permettant aux commerçants sinistrés de reprendre progressivement leurs activités.
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Photo : Des agents en civil et en uniforme observent des sapeurs-pompiers intervenant sur les lieux de l’incendie des galeries Ndayizamba et Le Parisien, au centre-ville de Bujumbura, le 21 août 2026. © SOS Médias Burundi
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