Burundi: le premier ministre met en garde la Regideso
Le premier ministre burundais a tenu une réunion avec les cadres et autre personnel de la Regideso (entreprise étatique de distribution d’eau et d’électricité) et ceux du ministère de l’hydraulique, de l’énergie et des mines, ce mercredi. Alain Guillaume Bunyoni a dressé un bilan largement négatif de l’institution. Le changement immédiat de mentalités de tout le personnel de la Regideso s’impose, à défaut de quoi des sanctions devront être prises à l’endroit de ceux qui se rendent responsables des malversations et de la corruption, a -t-il prévenu. (SOS Médias Burundi)
M. Bunyoni a rappelé que la Regideso existe depuis l’accession du Burundi à l’indépendance en 1962 mais qu’elle affiche depuis une dizaine d’années un tableau négatif.
« Ça fait au moins dix ans que la Regideso travaille à perte. Durant cette période, le gouvernement n’a jamais touché de dividendes », a-t-il affirmé.
Le chef du gouvernement estime que l’entreprise ruine l’État.
« Le gouvernement a construit des barrages soit avec des crédits, des dons ou des appuis financiers. La Regideso devrait avoir vendu l’eau et l’électricité pour que le gouvernement puisse rembourser les crédits, entretenir les installations, tirer des profits, chose qui n’a jamais eu lieu. Nous avons tous les documents qui tracent le fonctionnement de la Regideso. Cette situation ne peut pas continuer’’, s’est-il plaint.
Alain Guillaume Bunyoni est aussi revenu sur des plaintes souvent évoquées par des clients de la Regideso. « Certains de vos abonnés implorent d’être alimentés en eau ou électricité, vous leur refusez ces services. Et à ceux qui utilisent vos produits, vous refusez de leur octroyer des factures. Comment voulez-vous que le pays avance », a-t-il regretté avant de menacer des employés qui ne veulent pas le changement, selon lui.
Il a également accusé le personnel de la Regideso d’handicaper la réforme de cette institution pour pérenniser les malversations dont ils bénéficient d’une manière ou d’une autre. « La réforme et le redressement de la Regideso devraient avoir eu lieu mais vous-mêmes constituez un obstacle. Vous vous êtes même opposés à la distribution des compteurs cach power même à l’intérieur du pays pour que vous puissiez continuer de priver les abonnés de bons services. En plus votre syndicat n’est là que pour soutenir les malfaiteurs ».
Pour Yusufu Mosi, président du syndicat des employés de la Regideso, « que les hautes autorités le comprennent, les dix ans pendant lesquels nous n’avons pas donné de dividendes coïncident avec la période durant laquelle la Regideso traverse une crise de manque d’électricité. Après les élections de 2005, il y a eu des constructions de maisons en grand nombre dans toutes les villes. La quantité d’électricité dont nous disposions a sensiblement baissé. Et nous n’avons jamais construit d’autres sources de production d’électricité », s’est-il défendu avant d’ajouter que durant les 15 dernières années, l’entreprise s’est tournée vers des groupes électrogènes loués chez un privé.
Il estime que le réseau électrique devrait être rénové, ayant été mis en place dans les années 80.
« Vous avez donné aux responsables de la Regideso une mission impossible. Le coup de production est supérieur au coût de vente », a-t-il insisté.
La Regideso est parmi les grands employeurs au Burundi avec 1419 salariés.
_________________
Photo:Alain Guillaume Bunyoni, premier ministre burundais
You might also like
Burundi : l’entreprise FOMI peine toujours à produire des engrais chimiques suffisants
Les agriculteurs de différentes localités du Burundi grognent. Ils n’ont pas eu d’engrais chimiques en suffisance pour la saison culturale A. Pire encore, l’entreprise FOMI (Fertilisants organaux- minéraux) en charge
Bubanza : à quelques jours de la rentrée scolaire ,des parents se plaignent de l’envol des prix du matériel scolaire
La pauvreté s’est aggravée dans les ménages en province de Bubanza (ouest du Burundi) suite à la montée généralisée des prix. Le matériel scolaire n’est pas en reste. Des parents
Gitega : aucune station ne dispose d’essence
Depuis dimanche dernier, aucune station de la ville de Gitega (capitale politique) n’a d’essence. Les utilisateurs de ce produit s’approvisionnent sur le marché noir à un prix allant jusqu’au triple
