Bubanza : les agriculteurs face à une pénurie persistante d’engrais chimiques
SOS Médias Burundi
Bubanza, 3 septembre 2026 — Les agriculteurs de Bubanza, dans la province de Bujumbura, à l’ouest du Burundi, tirent la sonnette d’alarme face à une pénurie d’engrais chimiques qui persiste depuis janvier 2026. Plus de deux mois après la fin de la saison agricole B, plusieurs cultivateurs affirment attendre toujours les engrais qu’ils avaient pourtant entièrement payés, conformément aux instructions du ministère en charge de l’Agriculture.
Selon plusieurs cultivateurs, ils ont payé la totalité des engrais prévus pour la saison agricole B. Mais jusqu’à présent, ces intrants ne leur ont pas été distribués.
Dans le périmètre rizicole de la Société régionale de développement de l’Imbo (SRD Imbo), les riziculteurs déplorent une faible production, qu’ils attribuent notamment au manque d’engrais.
Plus de 350 000 francs pour un sac d’urée au marché noir
La pénurie est particulièrement préoccupante sur le marché parallèle. Un sac d’urée de 50 kilogrammes y coûte plus de 350 000 francs burundais, alors que le prix officiel subventionné par l’État est fixé à 66 000 francs.
Une telle différence de prix rend les engrais inaccessibles à de nombreux cultivateurs, qui peinent déjà à couvrir les autres coûts liés à la production agricole.
La situation a également des répercussions sur la location des terres. Certains propriétaires agricoles disent avoir du mal à trouver des personnes prêtes à louer leurs champs, par crainte de ne pas pouvoir obtenir les intrants nécessaires pour les exploiter.
Dans certains cas, le prix de location des terres aurait été revu à la baisse, parfois de près de moitié.
Un recensement en attendant les engrais
Du 24 au 26 août, l’administration a appelé les agriculteurs disposant de preuves de paiement des engrais de la saison agricole B à se faire recenser, en prévision d’une éventuelle distribution.
Cette opération intervient plusieurs semaines après la clôture de la saison agricole B, alors que certains cultivateurs affirment toujours attendre les fertilisants pour lesquels ils avaient déjà payé.
Les agriculteurs qui souhaitent acheter des engrais par les circuits officiels soulèvent toutefois une autre difficulté : ils disent ne pas savoir où s’approvisionner.
Ils demandent donc à l’État de libéraliser le marché des engrais chimiques afin de faciliter leur disponibilité et de permettre aux agriculteurs d’accéder aux fertilisants à des prix abordables.

Des hommes déchargent des sacs d’engrais chimiques dans un centre de distribution à Bubanza, dans la province de Bujumbura, à l’ouest du Burundi. © SOS Médias Burundi
Le gouvernement promet des engrais pour septembre
Lors d’une récente émission publique organisée à Gitega, la capitale politique du Burundi, au cours de laquelle des journalistes avaient été conviés à interroger les responsables gouvernementaux, le Premier ministre a promis que les engrais chimiques seraient disponibles pour les agriculteurs à partir du mois de septembre.
Cette annonce suscite des attentes chez les cultivateurs de Bubanza, qui espèrent que la promesse se traduira rapidement par une amélioration de l’approvisionnement dans les circuits officiels.
Pour les agriculteurs, la disponibilité des engrais reste une condition essentielle pour améliorer la production, préserver les rendements et garantir leurs revenus.
Une pénurie qui dépasse Bubanza
Le cas de Bubanza n’est pas isolé. Des difficultés d’approvisionnement en engrais chimiques sont également signalées dans plusieurs autres régions du Burundi.
Dans certaines régions, des agriculteurs affirment avoir passé plus de deux années sans être régulièrement approvisionnés en engrais chimiques. À Bubanza, certains retards accumulés sur plusieurs années avaient toutefois été en partie résorbés lors de la distribution des intrants destinés à la saison agricole A de cette année.
La situation actuelle ravive néanmoins les inquiétudes, notamment chez les cultivateurs qui affirment avoir déjà payé les engrais de la saison B sans les avoir reçus.
La persistance de ces difficultés d’approvisionnement, combinée à la flambée des prix sur le marché parallèle, risque d’alourdir davantage les coûts de production et d’affecter les rendements agricoles.
Les agriculteurs attendent désormais de voir si la promesse gouvernementale d’une disponibilité des engrais à partir de septembre permettra effectivement de mettre fin à la pénurie et d’éviter que les mêmes difficultés ne se reproduisent lors des prochaines saisons agricoles.
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Photo : Des habitants de Bubanza devant un centre de distribution, dans l’attente d’engrais chimiques.© SOS Médias Burundi
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