Burundi : introuvable, le prix de l’or noir s’envole
Les autorités burundaises ont annoncé une nouvelle hausse du prix du carburant ce jeudi soir. La hausse varie entre cinq cents cinquante francs et huit cents, selon les produits pétroliers. Fin janvier cette année ,le prix de l’essence, du mazout et du pétrole avait connu une même hausse de trois cents francs burundais dans cette nation où le transport reste paralysé depuis des mois suite à la pénurie récurrente des produits pétroliers. Des Burundais qui ont témoigné à SOS Médias Burundi craignent « une hausse généralisée d’autres produits et services ». (SOS Médias Burundi)
Le prix de l’essence passe de 2700 francs à 3250, celui du mazout de 2650 à 3450 au moment où le pétrole a vu son prix grimper de 700 francs, passant à 3150 francs.
L’annonce a été faite ce jeudi soir par le ministre ayant en charge l’énergie. Ibrahim Uwizeye explique que « […] les cours mondiaux de plusieurs produits dont le carburant ont sensiblement augmenté », ajoutant dans un communiqué que « le Burundi subit des chocs exogènes liés aux variations du prix sur le marché mondial, le carburant n’étant pas produit au niveau local et ses prix étant fixés au niveau mondial ».
« Nous sommes désespérés, cette hausse du prix du carburant va sans doute entraîner celle du prix du ticket de transport et des produits de première nécessité »,ont réagi des habitants de Rumonge, sud-ouest du Burundi.
⭕#Burundi 🇧🇮 : Le Gouvernement vient de décider une nouvelle hausse du prix des produits pétroliers, en moins de 3 mois. Le prix de l’essence à la pompe passe de 2700 Fbu à 3250 Fbu, le prix du mazout de 2650 Fbu à 3450 Fbu alors que celui du pétrole passe de 2450 Fbu à 3150 Fbu pic.twitter.com/KLjdcbPG9G
— SOS Médias Burundi (@SOSMediasBDI) April 28, 2022
Pour d’autres citoyens, les investisseurs du secteur privé devront « implicitement augmenter le prix de tous leurs services ».
« La vie va devenir très dure pour la majorité de Burundais, déjà aux faibles revenus »,se désolent-ils.
Pour d’autres Burundais vivant au pays ou à l’extérieur qui ont réagi à nos publications sur les réseaux sociaux, « tout le monde va mourir dans ce pays », ou encore « seul Dieu peut sauver le Burundi ».
Récemment, le ministre en charge des affaires intérieures avait prédit une nouvelle hausse du prix des produits pétroliers déjà prévue par le chef de l’Etat fin mars lors d’une séance de prière organisée par le CNDD- FDD chaque dernier jeudi du mois. Et ce jeudi, le président Neva avait, lors du même évènement annoncé que « le carburant va être disponible ».

La question que se posent plusieurs Burundais à l’instar de cet homme de la capitale économique Bujumbura qui s’est levé à 4h du matin pour rentrer vers 21h , sans remplir le réservoir de son véhicule qu’il a dû même laisser à une station-service est de savoir si « la hausse va résoudre le problème de la pénurie qui vient de durer plusieurs mois », paralysant les activités sur tout le territoire de la petite nation de l’Afrique de l’est où des camions de transport des matériaux de construction sont utilisés pour le transport de passagers, faute de bus et taxis de transport en commun.
Ces derniers mois, les pays de la sous-région ont fait face à des pénuries de carburant mais ils ont survécu à ce manque grâce à leur « stock stratégique carburant », les dépôts de celui du Burundi étant vides.
Depuis l’existence du Burundi, même pendant la période de l’embargo dans les années 90, des observateurs affirment que « le pays n’avait jamais connu une crise pareille de produits pétroliers ».
Sur les réseaux sociaux, les Burundais se sont décompensés sur la pénurie du carburant ces derniers temps ,ne cachant pas leur identité dans ce pays où la liberté d’expression « laisse à désirer ».
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Photo : des passagers dans un camion de transport de matériaux de construction à Bujumbura , le 27 avril 2022
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