Rwanda : la carte biométrique qui pourrait changer la vie des réfugiés

Rwanda : la carte biométrique qui pourrait changer la vie des réfugiés

SOS Médias Burundi

Mahama (Rwanda), 16 juin 2026 – Le Rwanda poursuit sa transformation numérique avec le déploiement progressif d’une nouvelle carte d’identité biométrique destinée à l’ensemble de ses citoyens et résidents. Cette réforme d’envergure concerne également les réfugiés vivant dans les camps et les centres urbains. À Mahama, où résident plus de 70.000 réfugiés burundais et congolais, l’initiative suscite de grands espoirs, notamment en matière d’accès aux services et d’intégration socio-économique.

Le gouvernement rwandais met en place un système national d’identité numérique présenté comme moderne, sécurisé et respectueux de la vie privée. Depuis plusieurs mois, le Service national d’identification mène une vaste opération de collecte des données biométriques à travers tout le pays.

Les citoyens et résidents enregistrés sont photographiés, leurs empreintes digitales sont relevées et leurs iris sont scannés afin d’alimenter une base de données centralisée destinée à faciliter l’identification et l’accès à différents services.

Selon les autorités, les enfants seront désormais intégrés au système dès leur naissance. Une photographie sera ajoutée à leur dossier à partir de l’âge de quatre ans. À cinq ans, les empreintes digitales et les données biométriques de l’iris seront enregistrées. Une nouvelle mise à jour comprenant une signature numérique interviendra à seize ans avant la délivrance de la carte d’identité définitive.

Les réfugiés également concernés

Cette réforme ne concerne pas uniquement les citoyens rwandais. Les réfugiés vivant dans le pays bénéficieront eux aussi de nouvelles cartes d’identité biométriques adaptées au nouveau système.

Le service de l’immigration, avec l’appui du ministère en charge des réfugiés et du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), mène actuellement une campagne d’enregistrement dans tous les camps de réfugiés ainsi que dans les centres urbains.

Au camp de Mahama, situé dans l’est du Rwanda, les opérations avancent à un rythme soutenu. Une importante partie des réfugiés a déjà été enregistrée.

« Nous sommes heureux d’être pris en compte dans tous les programmes du gouvernement. Cela montre que nous sommes considérés à notre juste valeur. Nous nous sentons intégrés et nous remercions le gouvernement rwandais pour cette considération », témoigne J. Claude N., un réfugié burundais du camp de Mahama.

Les responsables communautaires participent activement à la sensibilisation des habitants afin d’assurer une forte participation à l’opération.

« Comment ne pas s’en réjouir alors qu’il s’agit d’une initiative qui contribue à améliorer nos conditions de séjour au camp et notre intégration dans la société rwandaise ? », s’interroge un leader communautaire.

De nouvelles perspectives et des attentes

Pour de nombreux réfugiés, l’expérience des précédentes cartes d’identité a déjà montré l’impact concret de la reconnaissance administrative.

« Lorsque nous avons obtenu les cartes d’identité pour réfugiés, plusieurs portes se sont ouvertes devant nous. Nous avons pu ouvrir des comptes bancaires, acheter des cartes SIM, accéder à l’emploi, bénéficier d’une couverture médicale et accomplir diverses démarches administratives. Les titres de voyage biométriques ont suivi par la suite », raconte JMV, réfugié urbain vivant à Kigali.

Pour lui, cette nouvelle réforme suscite encore davantage d’espoir.

« Nous fondons beaucoup d’espoir sur ces nouvelles cartes biométriques. Nous pensons qu’elles nous offriront davantage d’opportunités et simplifieront encore nos démarches administratives au quotidien », ajoute-t-il.

Une transition progressive

Les autorités rwandaises prévoient une mise en œuvre progressive du nouveau système jusqu’en juin 2027. À l’issue de cette période de transition, les anciennes cartes d’identité seront désactivées et retirées du système.

Cette réforme s’inscrit dans la stratégie de modernisation numérique du Rwanda, souvent présenté comme l’un des pays africains les plus avancés dans le domaine des technologies de l’information.

Pour les milliers de réfugiés burundais et congolais vivant dans le pays, cette nouvelle carte biométrique représente bien plus qu’un simple document administratif. Elle symbolise une reconnaissance accrue, un accès facilité aux services essentiels et l’espoir d’une meilleure intégration dans leur pays d’accueil.

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Photo : Des réfugiés burundais et congolais rassemblés dans le camp de Mahama, à l’est du Rwanda, où les autorités procèdent actuellement à l’enrôlement biométrique en vue de la délivrance d’une nouvelle carte d’identité numérique destinée aux citoyens et aux réfugiés résidant dans le pays. SOS Médias Burundi

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