Burundi : la crise-carburant loin d’être résolue

Burundi : la crise-carburant loin d’être résolue

Après plus de 18 mois de crise du carburant, les autorités burundaises ne donnent aucun espoir. Elles annoncent des mesures sans délai. Les activistes eux, proposent la tenue d’une table ronde sur la problématique. (SOS Médias Burundi)

Au Burundi, résignation et habitude se rejoignent quand il s’agit de la crise-carburant. Les habitants doivent s’habituer au manque, à la pénurie du carburant mais aussi et surtout aux mensonges ou aux échappatoires des autorités qui ne cessent d’affirmer que « les stocks du Burundi sont pleins » à Dar-es-Salaam (Tanzanie).

La même « vérité » a été reprise ce jeudi par la porte-parole du président Ndayishimiye.

« Il y a des importateurs antipatriotes qui garent leurs camions citernes à la maison et refusent d’aller ramener le carburant de la Tanzanie. Ils ne sont pas au dessus de la loi et intouchables. Les services habilités sont à l’œuvre et ces enfants égarés pourront faire face à la justice à n’importe quel moment », a déclaré jeudi la porte-parole du président Évariste Ndayishimiye, Rosine Guilène Gatoni en marge d’une émission publique des porte-paroles des institutions étatiques depuis Muramvya, centre-Burundi.

Selon ses dires, le gouvernement va analyser la possibilité d’acheter ses propres camions citernes et se prépare à créer des stocks sur le territoire burundais. Là aussi, aucun délai n’a été donné.

Au milieu, Rosine Guilène Gatoni, porte-parole du président Ndayishimiye avec les porte-paroles du gouvernement et de la cour suprême et les animateurs de l’émission publique des porte-paroles des institutions étatiques à Muramvya, le 13 juillet 2023

Pour les experts, la question est très compliquée qu’elle exige la convocation d’une table ronde.

« C’est une problématique qui se pérennise. Nous sommes devenus la risée. Les Burundais veulent avoir et voir le carburant ici et non dans les stocks à Dar-es-Salaam. Même le Congo, un pays en crise que nous aidons en matière de sécurité n’a pas de problème pour importer le carburant », dit Faustin Ndikumana, président de PARCEM, une ONG qui milite pour la bonne gouvernance.

La majorité d’analystes estiment que la crise-carburant est plutôt causée par la mauvaise gestion et le manque de devises.

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Photo : des conducteurs de taxis-motos transportent sur la tête les réservoirs de leurs engins à la recherche du carburant

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